Direct : dalbavancine dans le traitement curatif des endocardites infectieuses, une étude rétrospective multicentrique en vie réelle - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'endocardite infectieuse (EI) est une pathologie grave, avec une morbi-mortalité élevée, nécessitant une antibiothérapie prolongée. Les bactéries les plus fréquemment responsables d'EI sont les cocci gram positif (CGP) comme les staphylocoques, les streptocoques et les entérocoques. La dalbavancine, un lipoglycopeptide actif sur les CGP avec une longue demi-vie de 14,4 jours, permet un traitement prolongé avec une à deux injections. Cette molécule pourrait être une alternative thérapeutique pour les patients présentant un maintien parentéral difficile et un relai per os complexe (interactions, faible compliance, soins palliatifs, etc). Cependant, les données sur son efficacité en vraie vie dans le traitement de l'EI restent limitées. L'objectif principal de notre étude était d'évaluer l'efficacité clinique de la dalbavancine à j90 dans le traitement des EI. Les objectifs secondaires étaient d'évaluer la toxicité et l'efficacité à 6 et 12 mois.
Matériels et méthodes |
Une étude multicentrique (9 hôpitaux), rétrospective et observationnelle des patients avec une EI à CGP traités par dalbavancine curative a été menée entre 01/2019 et 06/2025. L'efficacité de la dalbavancine a été déterminée par un critère composite (mortalité, ré-hospitalisation, chirurgie non programmée, rechute microbiologique et nouvelle manifestation embolique). La toxicité était évaluée par les effets secondaires cliniques et biologiques.
Résultats |
Quatre-vingt-quatorze patients ont été inclus, majoritairement des hommes (69 soit 73.4%) avec un âge moyen de 65 ans et un score de Charlson moyen à 5. Parmi eux, 24% (23) étaient usagers de drogues intraveineuses et 21% (20) étaient immunodéprimés. Les documentations bactériologiques étaient: Staphylococcus aureus (53 soit 56,4%), puis les Staphylocoques à coagulase négative (20 soit 21,3%), les Streptocoques (16 soit 17%), enfin les Entérocoques (10 soit 10,6%). Les principales indications étaient: de faciliter le retour au domicile (40 soit 42,6%), usage de drogue intraveineuse (22 soit 23,4%), toxicité ou allergie à la première ligne (21 soit 22.3%). L‘efficacité clinique à j90 était confirmée pour 72,3% des patients (68), avec 4 échecs de traitement. L‘efficacité clinique était confirmée pour 59,6% des cas (56) à 6 mois, et 37,2% (35) à 12 mois. Ce faible taux de succès à 12 mois s'explique par un grand nombre de perdus de vue (32 soit 34%) et de patients décédés de pathologies non infectieuses (20 soit 21,3%). Les échecs étaient rares (7 soit 7,4% à 12 mois) et majoritairement expliqués par des prises en charges chirurgicales insuffisantes. La tolérance était excellente avec seulement deux effets indésirables rapportés.
Conclusion |
Pour des patients difficiles à traiter, la dalbavancine offre une efficacité de plus 70% à 3 mois. Ce taux baisse à 6 et 12 mois en lien avec des pertes de vue de patients. La dalbavancine semble une alternative efficace et bien tolérée dans les EI à CGP.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S26 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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