Dép@NORD, dépister le VIH/VHB/VHC dans un territoire dépourvu de CeGIDD - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
En France, selon l'étude Barotest 2016, près de 26000 personnes ignoraient leur séropositivité pour l'hépatite C et 112000 personnes pour l'hépatite B. Dans notre région, le nombre de PVVIH ignorant leur séropositivité est estimé à plusieurs centaines. Parmi les nouvelles découvertes de séropositivité au VIH en 2025, 30% résidaient dans 4 quartiers de la ville dépourvus de centres de dépistage et à forte population précaire ou née à l'étranger. Notre groupe pluridisciplinaire de praticiens hospitaliers a proposé et coordonné une campagne d'impact de dépistage intensif des 3 virus (VIH/VHB/VHC) à 7 maisons de santé implantées sur ce territoire afin de pallier l'absence d'offre classique de dépistage
Matériels et méthodes |
La campagne consistait en une proposition systématique de dépistage des 3 virus par sérologie, ou Trod si nécessaire, à chaque personne reçue dans ces structures durant la campagne. Elle a débuté en 2025 avec des démarrages échelonnés et durait 3 mois pour chaque centre. En amont, toutes les équipes participantes ont été sensibilisées aux enjeux du dépistage, et informées sur les circuits d'adressage. Les données recueillies portaient sur le nombre de réalisations, les motifs de refus et les résultats de diagnostic confirmés et anonymisés fournis par le laboratoire de proximité pour estimer l'évolution des prévalences virales et des pratiques pré et post action. Une évaluation des modalités de réalisation a aussi été menée pour identifier les freins et leviers à la poursuite/développement de l'action
Résultats |
552 questionnaires ont été recueillis. La population comportait 58% femmes et 42% hommes; 28% avaient moins de 25 ans, 50% de 25 à 49 ans et 22% de 50 ans ou plus.
901 tests ont été effectués pour le VIH, 934 pour le VHC et 1029 pour le VHB permettant 5 découvertes de contamination VIH, 8 de VHC chronique et 13 de VHB chronique.
Un seul centre a effectué des Trods combinés (30 patients) sans sérologie et a découvert un cas de VHC chronique.
Pour le VIH, VHC, VHB les prévalences moyennes respectives étaient de 0,09%; 0,59%; 1,34% avant l'action et de 0,55%; 0,86%; 1,26% en fin d'action, soit une hausse d'un facteur 5 pour le diagnostic d'infection VIH. Pour l'ensemble, les taux étaient de 2 à 4 fois supérieurs aux prévalences nationales publiées
La proposition a porté sur les 3 virus combinés dans 93% des cas. 126 personnes n'ont pas été dépistées pour cause de statut connu, dépistage récent, âge, vaccin effectué (VHB). Les refus après proposition représentaient en moyenne 17%.
Les centres où la proposition de dépistage était effectuée par tout membre de l'équipe avaient un taux de réalisation supérieur à ceux où la proposition ne relevait que du médecin. Il en était de même là où le parcours de dépistage était le plus condensé.
Bien que 91% des centres avaient déjà un parcours de soins identifié, 73% des personnes ont estimé que le parcours et l'offre de soins ont été renforcés par la campagne.
Conclusion |
Le dépistage combiné VIH/VHC/VHB est réalisable et efficient dans des secteurs dépourvus de CeGIDD en s'appuyant sur les ressources présentes pour augmenter l'offre de soins au niveau territorial. De nouvelles stratégies et de nouveaux acteurs peuvent contribuer à mettre un terme à ces épidémies virales. La proposition de dépistage doit être banalisée pour réduire la perception de stigmatisation et atteindre tous les publics à risque.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S29-S30 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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