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GUYAVIM, étude observationnelle du déploiement large des antirétroviraux injectables en Guyane. - 22/05/26

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2026.04.060 
A. Donnadieu 1, S. Pavin 2, S. Rabier 2, T. Vaz 2, C. Michaud 2, B. Gutierrez 3, R. Naldjinan 2, A. Lavergne 4, A. Lucarelli 2, M. Nacher 2, P. Le Turnier 2
1 CHU de Poitiers, Poitiers, France 
2 CHU de Guyane, Cayenne, France 
3 CH de Saint Laurent du Maroni, Saint Laurent du Maroni, France 
4 Institut Pasteur de Guyane, Cayenne, France 

Résumé

Introduction

Le traitement injectable cabotegravir/rilpivirine (CAB/RPV) est proposé en France aux personnes vivants avec le VIH (PVVIH), sans antécédent d'échec ou de résistance aux classes thérapeutiques de CAB/RPV. La Guyane présente une prévalence du VIH de 1,1%, la plus élevée des départements français. La précarité sociale et la stigmatisation y entravent l'observance et le suivi des PVVIH. Si CAB/RPV pourrait être une alternative pertinente, son usage chez des patients aux données thérapeutiques incomplètes et au suivi irrégulier comporte des risques spécifiques. L'objectif de GUYAVIM était de décrire l'évolution des patients sous CAB/RPV et d'analyser les causes d'interruption du traitement, incluant les échecs virologiques (EV).

Matériels et méthodes

GUYAVIM est une étude observationnelle, multicentrique. Les PVVIH des centres hospitaliers de Cayenne, de St Laurent du Maroni et des centres délocalisés de Guyane, ayant débuté un traitement par CAB/RPV entre le 03/2022 et 10/2023 ont été inclus. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux incluant l'analyse des historiques thérapeutiques et génotypiques. L'EV était défini par deux CV >50 copies/ml consécutive ou une CV >200 copies/ml. Le critère de jugement principal était la poursuite du traitement par CAB/RPV et l'absence d'échec virologique. Nous rapportons ici l'analyse du suivi jusqu'à avril 2024.

Résultats

L'étude a porté sur 246 PVVIH dont 108 (44%) étaient des femmes, 197 (80%) étaient nées à l'étranger, 55 (22%) étaient en stade CDC C, 67 (27%) avaient été perdues de vue au cours de leur suivi et 66 (27%) ne possédaient pas de génotype à baseline. Le suivi médian de l'étude était de 340 (IQR 196-470) jours. En fin du suivi, 163 patients (66%) étaient toujours sous traitement sans échec virologique. Le taux d'arrêt à 12 mois était de 30% (IC95% [24 – 36]). L'interruption de CAB/RPV intervenait après une médiane de 5 mois (IQR 3-11), principalement en lien avec l'observance (31% soit 26 patients) dont 19 (23%) perdus de vue. La seconde cause d'arrêt était les effets indésirables (26,5% soit 22 patients). L'EV sous CAB/RPV concernait 8 patients, 10% des arrêts, soit 3,3% d'échecs sur l'ensemble de l'étude. Parmi eux, 63% (5) avaient un antécédent d'EV et 38% (3) avaient débuté CAB/RPV avec une CV>50 copies/ml. Ces deux critères étaient statistiquement associés à l'échec. Sur l'ensemble de la cohorte seulement 78 (31,7%) patients avait un profil en adéquation avec les recommandations HAS.

Conclusion

Dans cette première étude ultramarine, 246 relais par CAB/RPV ont été réalisés en 18 mois, soit 10% de la file active, avec des indications élargies. Le taux d'échec était comparable aux autres données françaises, malgré des profils socio-démographiques complexes, avec toutefois un taux d'arrêt plus important, en lien avec un nombre non négligeable de perdus de vue. Ces résultats soutiennent la faisabilité du relais par CAB/RPV avec une nécessité de mettre en place des mesures de rétention dans le soin et d'adaptation des recommandations HAS.

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© 2026  Publié par Elsevier Masson SAS.
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