Infections à Pseudomonas aeruginosa producteur d'une carbapénémase de type NDM: étude descriptive rétrospective dans un CHU de la zone océan Indien - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'émergence récente de Pseudomonas aeruginosa producteur d'une carbapénémase de type NDM (PA-NDM) dans la région océan Indien soulève d'importantes difficultés de prise en charge thérapeutique. Dans notre établissement, cette émergence a conduit à une épidémie intra-hospitalière débutée en 2023, touchant principalement le service d'hématologie. L'objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques cliniques, microbiologiques, thérapeutiques et évolutives des infections à PA-NDM au sein d'un CHU de la zone océan Indien.
Matériels et méthodes |
Nous avons conduit une étude de cohorte rétrospective monocentrique au sein d'un CHU de la zone océan Indien. Tous les patients chez lesquels un prélèvement positif à PA-NDM était identifié entre janvier 2019 et décembre 2024 ont été évalués. Le diagnostic d'infection à PA-NDM a été confirmé par deux médecins infectiologues indépendants, sur la base de critères cliniques et microbiologiques. Les données cliniques, biologiques, microbiologiques et thérapeutiques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux. L'ensemble des tests de sensibilité aux antibiotiques a été réalisé par le Centre National de Référence. Des analyses descriptives ont été réalisées à l'aide du logiciel R.
Résultats |
Vingt-quatre patients ont été inclus, correspondant à 26 épisodes infectieux. La population était majoritairement masculine (16/24, 66,7%), avec un âge médian de 60 ans [44–68]. Les patients présentaient de nombreuses comorbidités, en particulier une hémopathie maligne (18/24, 75,0%), avec un score de Charlson ≥4 chez 12/24 patients (50,0%). Une exposition récente aux soins était fréquente, avec une antibiothérapie dans les trois mois précédents chez 23/26 épisodes (88,5%), dont une exposition aux carbapénèmes chez 13/23 (56,5%). Les infections survenaient principalement en hématologie (16/26, 61,5%) et en réanimation (9/26, 34,6%). Les principales présentations cliniques étaient les infections de cathéter vasculaire (11/26, 42,3%) et les pneumopathies associées à la ventilation mécanique (6/26, 23,1%). Concernant la sensibilité in vitro, 22/26 (87,5%) des PA-NDM étaient sensibles à l'aztréonam, 4/26 (16,7%) au céfidérocol, et 26/26 (100%) à la colistine et à la fosfomycine. L'antibiothérapie probabiliste était jugée efficace dans 9/26 épisodes (34,6%), principalement pour des infections datant de 2024 (5/9, 55,6%), comprenant aztréonam seul (7/26), aztréonam + colistine (1/26) ou colistine + fosfomycine (1/26). La durée médiane de l'antibiothérapie efficace était de 9 jours [7–12,5]. Une antibiothérapie finale d'une durée jugée suffisante n'a été observée que dans 15/26 épisodes (57,7%), dont 9/15 (60,0%) sous aztréonam. L'évolution clinique était favorable à J15 dans 18/26 épisodes (69,2%). La mortalité liée à l'infection était de 5/26 (19,2%).
Conclusion |
Les infections à PA-NDM surviennent chez des patients comorbides et exposés aux soins, et sont associées à une morbi-mortalité élevée. Cette cohorte met en évidence le défi majeur posé par les PA-NDM dans la région océan Indien et souligne la nécessité de stratégies thérapeutiques optimisées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S36 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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