Hémocultures, la paire de plus ou la paire de trop ? - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les hémocultures font partie des examens microbiologiques les plus prescrits à l'hôpital car elles sont nécessaires au diagnostic de bactériémie et sont parfois le seul moyen d'avoir une documentation microbiologique. Les recommandations de prélèvement ont changé au cours de la dernière décennie avec le recours au prélèvement d'un grand volume en une ponction unique. Le nombre conseillé de flacons à prélever varie selon les recommandations locales. Celles de notre établissement est de remplir 6 flacons par ponction. Notre objectif était de comparer la sensibilité et le taux de contamination par prélèvement contenant 2, 4 ou 6 flacons.
Matériels et méthodes |
Nous avons recensé rétrospectivement l'ensemble des flacons d'hémocultures, prélevés en percutané, reçus dans notre laboratoire entre le 01/01/2024 et le 30/09/2025 (Flacons BACT/ALERT FA Plus ou FN Plus). Pour chaque patient, seuls les flacons du premier prélèvement en cours d'hospitalisation ont été retenus. Les flacons positifs ont été considérés comme contaminés selon le germe retrouvé (contaminant habituel), le nombre de flacons positifs par ponction et le diagnostic retenu dans le dossier médical.
Résultats |
Sur une période de 21 mois, 7 175 patients ont eu des hémocultures prélevées en percutanée, avec un âge médian de 68 ans (IQR=45;80). Le premier prélèvement comportait 2 flacons pour 2 976 patients (41,5%), 4 flacons pour 682 patients (9,5%), 6 flacons pour 3489 patients (48,9%) ou un autre nombre pour 28 patients (0,4%). Les patients étaient prélevés aux urgences dans 47% des cas (3 385).
Huit pourcents des patients (613) ont eu un diagnostic de bactériémie et 3,9% (278) d'une contamination.
Après ajustement sur le service, l'âge et le sexe, et comparativement aux patients ayant eu 2 flacons prélevés, le taux de bactériémie était significativement plus élevé chez ceux ayant eu 4 flacons (aOR = 1,38; IC95 % [1,01–1,87]) et chez ceux ayant eu 6 flacons (aOR = 1,67; IC95 % [1,37–2,05]), sans différence significative entre les groupes 4 et 6 flacons (aOR = 0,83; IC95 % [0,62–1,11]). Le taux de contamination était similaire entre les 3 groupes (3,8%, 4,1% et 4,0% respectivement).
Parmi les 358 patients bactériémiques avec 6 flacons prélevés, 62 (17,3%) n'auraient pas eu le diagnostic de bactériémie si seulement 2 flacons avaient été prélevés et 20 (5,6%) si seulement 4 flacons avaient été prélevés. Parmi ces 20 derniers, le pathogène responsable de l'infection retenue a été identifié sur un autre prélèvement microbiologique pour 9 (45%) patients et la prise en charge a été modifiée du fait du résultat de l'hémoculture pour 7 patients, soit environ un cas sur 500 patients prélevés.
Conclusion |
L'étude confirme qu'augmenter le nombre de flacons d'hémocultures améliore la sensibilité du diagnostic de bactériémie, sans accroître le taux de contamination. Toutefois, sous réserve d'un taux de remplissage non évalué, le bénéfice de la troisième paire semble marginal. Compte tenu de son impact pour le patient (perte sanguine), de coût économique (matériel, temps technique) et d'empreinte carbone, la pertinence de cette troisième paire pourrait être réévaluée en routine.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S38 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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