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Intelligence artificielle en infectiologie: perceptions des cliniciens et potentielles applications - 22/05/26

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2026.04.076 
H. Ernandes 1, O. Smaoui 2, S. Zelfani 1, A. Bellaaj 1, S. Sallem 1, I. Kooli 1
1 Institut Mohamed Kassab d'Orthopédie, Manouba, Tunisie 
2 Hôpital La Rabta, Tunis, Tunisie 

Résumé

Introduction

L'intelligence artificielle (IA) connaît un développement rapide en médecine et offre des perspectives prometteuses en infectiologie générale, notamment pour l'aide au diagnostic, l'optimisation des prescriptions antibiotiques et le suivi pronostique des patients. Cependant, la perception et l'acceptabilité de ces technologies par les médecins généralistes, acteurs clés de la prise en charge des infections, restent peu documentées, tout comme l'impact des facteurs démographiques tels que l'âge. Cette étude avait pour objectif d'évaluer la perception et l'acceptabilité de l'IA chez les médecins généralistes, d'identifier les domaines d'application jugés prioritaires et d'analyser les freins à son utilisation.

Matériels et méthodes

Une étude transversale a été réalisée entre mars et septembre 2025 auprès de médecins généralistes via un questionnaire standardisé en ligne, anonymisé et basé sur la participation volontaire. Les répondants ont été stratifiés en trois tranches d'âge (< 40 ans, 40–54 ans, ≥ 55 ans). Les résultats ont été exprimés en effectifs et pourcentages, et les comparaisons selon l'âge ont été réalisées à l'aide du test du χ², avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05.

Résultats

Parmi les 180 participants, 72 (40,0 %) avaient moins de 40 ans, 68 (37,8 %) avaient entre 40 et 54 ans et 40 (22,2 %) avaient 55 ans ou plus. Une connaissance préalable de l'IA était rapportée par 104/180 répondants (57,8 %), avec une diminution significative selon l'âge: 52/72 (72,2 %) chez les médecins < 40 ans, 36/68 (52,9 %) chez ceux âgés de 40–54 ans et 16/40 (40 %) chez les ≥ 55 ans (p = 0,0025). Concernant les applications de l'IA en infectiologie générale, l'aide au diagnostic était jugée pertinente par 131/180 répondants (72,8 %), l'optimisation des prescriptions antibiotiques par 118/180 (65,6 %) et le suivi biologique et l'évaluation pronostique par 95/180 (52,8 %). Une analyse complémentaire selon l'âge a montré que les médecins < 40 ans étaient proportionnellement plus favorables à l'adoption de l'IA: 65/72 (90,3 %) jugeaient l'aide au diagnostic pertinente, 52/72 (72,2 %) l'optimisation des prescriptions antibiotiques et 42/72 (58,3 %) le suivi biologique et pronostique, contre respectivement 46/68 (67,6 %), 42/68 (61,8 %) et 28/68 (41,2 %) pour les 40–54 ans, et 20/40 (50 %), 24/40 (60 %) et 15/40 (37,5 %) chez les ≥ 55 ans. Les différences étaient statistiquement significatives (p < 0,05). Les principaux freins rapportés incluaient la fiabilité perçue des algorithmes (99/180, 55 %), la crainte d'une perte de contrôle de la décision médicale (88/180, 48,9 %) et les enjeux médico-légaux en cas d'erreur (74/180, 41,1 %).

Conclusion

Cette étude met en évidence une perception globalement favorable mais prudente de l'IA chez les médecins généralistes en infectiologie générale, avec un intérêt particulier pour les outils d'aide à la décision clinique intégrables à la pratique quotidienne. La connaissance préalable de l'IA diminuant significativement avec l'âge souligne l'importance de programmes de formation ciblés. Enfin, les freins identifiés plaident pour une intégration progressive de l'IA reposant sur sur des algorithmes transparents et interprétables et un cadre médico-légal clairement défini afin de favoriser son adoption sécurisée en soins primaires.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

© 2026  Publié par Elsevier Masson SAS.
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