PneumoSTOP : l'utilisation en vie réelle de l'antigénurie pneumocoque plaide pour son abandon - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Disponible depuis 1999, l'antigénurie pneumocoque (AUP) a vu ses indications se restreindre pour n'être recommandée que dans les pneumonies aiguës communautaires (PAC) graves (IDSA 2019, SPILF 2025). De précédentes études montrent qu'en l'absence de politiques restrictives, son utilisation en vie réelle s'étend au-delà des indications, pour un gain débattu. L'objectif de cette étude est d'évaluer les conséquences thérapeutiques associées à une AUP positive.
Matériels et méthodes |
Les patients adultes de notre centre hospitalier général ayant eu une AUP (Binax Now R , Abbott) entre avril et décembre 2025 ont été inclus. Les données cliniques ont été extraites des dossiers médicaux, les comparaisons statistiques faites à l'aide du test du Chi² pour les variables qualitatives et le test de Wilcoxon pour les variables quantitatives.
Résultats |
Sur 1851 AUP réalisées, dont 21% en réanimation contre 49% aux urgences, 82 (4.4%) étaient positives, pour 72 patients. La proportion de tests positifs était similaire entre la réanimation et les autres services (5.2 vs 4.2%, p=0.38). De plus, 348 patients (19%) ont eu au moins 2 tests, espacés de 13 jours en médiane (IQR [2-45]), avec au plus 7 AUP en 2 mois. L'âge médian (72 ans, IQR [58-85]) était similaire à ceux avec AUP négative (74 ans, IQR [59-85]), p=0.49, et une majorité était de sexe masculin (60% vs 50% AUP négatifs, p=0.11). Un quart était BPCO, 23% diabétique et 23 % immunodéprimés: 14% cancer, 4% hémopathie, 3% cirrhose. Les patients avec AUP positives avaient une oxygénothérapie pour 65% et 28% ont été en réanimation. Seules 7% des AUP positives (6/82) ont permis une épargne d'antibiotiques (ATB) à large spectre. A l'inverse, 2 patients avec indication d'ATB par amoxicilline-acide clavulanique (AAC) ont eu une ATB par amoxicilline: PAC chez un patient immunodéprimé, PAC chez une patiente avec cancer multimétastatique. Un 3ème, hospitalisé pour diabète déséquilibré sans fièvre ni syndrome inflammatoire a reçu un ATB non justifié suite à une AUP positive. Systématiquement, lors des réalisations des AUP, soit l'ATB n'était pas initiée et il existait des critères nets d'indication à une ATB ciblant le pneumocoque, soit il était déjà ciblé par l'ATB préalable.
Le coût unitaire de l'AUP pour l'Assurance Maladie étant de 27€ en 2025, soit une dépense 49977€ sur la période.
Conclusion |
Une politique libérale de prescription d'AUP favorise son utilisation hors recommandations, à l'origine d'un surcoût important pour le système de santé, d'un bénéfice marginal pour le patient voire l'initiation d'ATB non indiquée. L'expérience sur notre centre plaide en faveur de l'arrêt de cet examen. Par ailleurs, une antigénurie légionelle (AgUL) a été demandé conjointement dans tous les cas sans pour autant initier de couverture ATB probabiliste, laissant suggérer une demande non justifiée. Un arrêt de l'AUP entraînera probablement une baisse des demandes non justifiées d'AgUL et une économie supplémentaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S39 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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