Prescription antibiotique et antibiorésistance : connaissance, attitude et pratique des internes en médecine générale - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La France se situe parmi les pays européens les plus consommateurs d'antibiotiques, en particulier en secteur ambulatoire où la majorité des prescriptions sont réalisées. En tant que "jeunes" prescripteurs, les internes de médecine générale (IMG) constituent une population clé pour promouvoir le bon usage des antibiotiques. L'objectif de cette étude était d'évalué leurs connaissances, attitudes et pratiques concernant l'antibiorésistance et la prescription antibiotique, ainsi que leurs attentes en matière de formation.
Matériels et méthodes |
Une étude observationnelle descriptive transversale a été menée de mars à mai 2025 auprès des IMG d'une région française à l'aide d'un questionnaire auto-administré diffusé par voie électronique. Les données recueillies portaient sur les caractéristiques sociodémographiques, la perception de l'antibiorésistance, les pratiques de prescription et les besoins de formation en matière d'antibiothérapie. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel Jamovi (version 2.6).
Résultats |
Parmi les 1213 IMG sollicités, 328 ont répondu au questionnaire (taux de participation 27,0 %). L'antibiorésistance était considérée comme un problème majeur de santé publique en médecine ambulatoire pour 93,0 % (n = 305) des IMG; une proportion moindre la considérait comme telle dans leur propre pratique quotidienne (83,8 % [n = 275], p < 0,001). Le manque de connaissances des patients et leurs demandes inappropriées d'antibiotiques étaient cités par les IMG comme les facteurs les plus impliqués dans la survenue d'antibiorésistance (74,4 % [n = 244]), devant la nature et la quantité totale d'antibiotiques prescrits (56,1 % [n = 184] et 48,8 % [n = 160] respectivement). Les outils d'aide à la prescription (Antibioclic) et les recommandations officielles constituaient les principales références utilisées par les IMG pour la prescription antibiotique (moyennes pondérées de 5,08 et 4,80 respectivement). Les IMG se déclaraient confiants pour l'utilisation des tests diagnostiques rapides (86,9 % [n = 285]), et l'argumentation d'une non-prescription d'antibiotiques (81,1 % [n = 266]), mais moins pour l'interprétation d'un antibiogramme (57,9 % [n = 190]) ou la détermination de la posologie et de la durée du traitement (7,3 % [n = 24]) et 7,0 % [n = 23] respectivement). L'incertitude diagnostique et la crainte d'une aggravation clinique en cas de non-prescription étaient les deux principaux déterminants de la surprescription antibiotique (moyennes pondérées de 4,32 et 4,27 respectivement). Seul 54,6 % (n = 179) des IMG estimaient avoir été suffisamment sensibilisés à la problématique de l'antibiorésistance au cours de leur cursus facultaire.
Conclusion |
Les IMG identifient l'antibiorésistance comme un enjeu central de santé publique mais sous-estiment son impact dans leur propre pratique quotidienne. Leur formation sur cette thématique semble insuffisante et la responsabilité du patient dans la surprescription antibiotique est surestimée. Les outils numériques d'aide à la prescription constituent des leviers efficaces pour améliorer les pratiques en matière de prescription antibiotique, en complément d'une meilleure formation initiale et continue.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S41 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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