Évaluation des connaissances, attitudes et pratiques des patients face aux antibiotiques : étude observationnelle transversale par questionnaire - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
En France, 90% des prescriptions d'antibiotiques sont faites en ambulatoire et près de la moitié d'entre elles sont inappropriées. Cette sur-prescription constitue le principal facteur à l'origine de l'antibiorésistance. En tant que dernier chaînon du système de santé et destinataire des prescriptions d'antibiotiques, le patient a un rôle primordial dans le bon usage de cette classe thérapeutique. L'objectif principal de notre étude était d'établir un état des lieux des connaissances, attitudes et pratiques (CAP) des patients en matière d'antibiothérapie et d'antibiorésistance. L'objectif secondaire était d'identifier des attitudes/pratiques (AP) particulières par l'intermédiaire d'une analyse des correspondances multiples (ACM).
Matériels et méthodes |
Il s'agissait d'une étude observationnelle descriptive transversale au sein d'un centre de soins non programmés incluant des patients vus en consultation auxquels un questionnaire en face à face était proposé. Les données recueillies portaient sur les caractéristiques sociodémographiques et les CAP des patients en matière d'antibiothérapie et d'antibiorésistance. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel R (version 4.5.1).
Résultats |
Trois cent soixante-dix-neuf patients ont répondu au questionnaire. La population était majoritairement féminine, composée d'adultes d'âge moyen, présentant un niveau d'étude intermédiaire à élevé et issue de zones urbaines ou semi-urbaines. Trois grandes problématiques ont pu être relevées: 1) Une connaissance limitée du concept d'antibiorésistance tant sur sa définition (seuls 40,1% des patients [n = 152] savaient qu'il s'agissait d'une résistance des bactéries aux antibiotiques) que sur ses modalités de transmission (seuls 58,0% des patients [n = 220] connaissaient la possibilité de transmission inter-individuelle de bactéries résistantes); 2) Des AP à l'origine d'un mésusage important concernant les antibiotiques prescrits (40,9% des patients [n = 155] déclaraient, au moins occasionnellement, stopper leur traitement avant la fin en cas d'amélioration clinique); 3) Des AP à l'origine d'un mésusage important concernant les antibiotiques en dehors du cadre « prescription – dispensation » (stockage en vue d'une utilisation future dans 75,7% des cas [n = 287], automédication au moins occasionnelle chez 40,4% des patients [n = 153]). L'ACM a permis d'individualiser un profil d'AP des patients fortement corrélé au mésusage antibiotique.
Conclusion |
Cette étude valide l'importance d'une action coordonnée de plusieurs acteurs afin de limiter le mésusage antibiotique en ambulatoire: pouvoirs publics (via les campagnes nationales de bon usage antibiotique), médecin généraliste (rappel de la nécessité d'une bonne observance de la prescription, réassurance du patient en expliquant le cours évolutif de sa maladie), pharmacien (observance médicamenteuse, recyclage des antibiotiques), acteurs issus des sciences comportementales afin de changer les AP des patients. Cette stratégie devra en priorité cibler les patients dont le mésusage est avéré; des méthodes comme l'ACM utilisée dans notre étude permettront d'identifier ces derniers.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S41-S42 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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