Perception des médecins généralistes concernant l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle comme aide à la prescription des antibiotiques - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La prescription inappropriée d'antibiotiques en soins primaires constitue un déterminant majeur de l'émergence et de la diffusion des résistances bactériennes. Les médecins généralistes, principaux prescripteurs d'antibiotiques en ville, occupent une place centrale dans les stratégies de bon usage. Les outils d'intelligence artificielle (IA), en tant qu'aides à la décision clinique, représentent une piste innovante pour améliorer la pertinence des prescriptions. L'objectif de cette étude était d'évaluer la perception, l'acceptabilité et les freins à l'utilisation d'outils d'IA comme aide à la prescription des antibiotiques chez les médecins généralistes.
Matériels et méthodes |
Il s'agissait d'une étude observationnelle descriptive transversale menée de mars à septembre 2025. Un questionnaire auto-administré en ligne, anonymisé et basé sur la participation volontaire, a été diffusé auprès de médecins généralistes. Les variables recueillies portaient sur les caractéristiques professionnelles, le niveau de connaissance des outils d'IA, les bénéfices attendus, les freins perçus et les besoins en formation. Les analyses comparatives étaient réalisées à l'aide de tests du χ², avec un seuil de significativité fixé à p < 0,05.
Résultats |
Au total, 214 médecins généralistes ont été inclus. L'âge médian était de 46 ans [IQR 38–57]; 68 participants avaient moins de 40 ans (31,8 %), 87 étaient âgés de 40 à 54 ans (40,7 %) et 59 avaient 55 ans ou plus (27,6 %). Une connaissance faible à modérée des outils d'IA en santé était rapportée par 146 répondants (68,2 %), plus fréquemment chez les ≥ 55 ans (46/59; 78,0 %) que chez les < 40 ans (38/68; 55,9 %) (p < 0,001). L'IA était perçue comme susceptible d'améliorer la pertinence de la prescription antibiotique par 159 médecins (74,3 %), avec une proportion significativement plus élevée chez les < 40 ans (57/68; 83,8 %) comparativement aux ≥ 55 ans (36/59; 61 %) (p = 0,012). Les bénéfices les plus souvent cités étaient l'aide à la décision clinique (176/214; 82,2 %), la réduction de l'incertitude diagnostique (139/214; 65 %) et une meilleure conformité aux recommandations nationales (131/214; 61,2 %). Les principaux freins identifiés incluaient le manque de transparence des algorithmes (124/214; 57,9 %), les enjeux médico-légaux (92/214; 43,0 %) et la crainte d'une perte d'autonomie décisionnelle (98/214; 45,8 %), cette dernière étant significativement plus fréquente chez les praticiens ≥ 55 ans (34/59; 57,6 %) comparativement aux < 40 ans (21/68; 30,9 %) (p = 0,004). Enfin, une formation dédiée à l'IA appliquée à la médecine était souhaitée par 152 répondants (71 %).
Conclusion |
Les médecins généralistes présentent une perception globalement favorable de l'intelligence artificielle comme aide à la prescription d'antibiotiques, avec des différences significatives selon l'âge. Les praticiens plus jeunes apparaissent plus enclins à l'adoption de ces outils, tandis que les médecins plus âgés expriment davantage de réticences liées à l'autonomie décisionnelle. Ces résultats soulignent l'importance d'un accompagnement ciblé et de formations adaptées pour favoriser l'intégration de l'IA en soins primaires dans une perspective de lutte contre l'antibiorésistance. Néanmoins, celle-ci doit rester encadrée et interprétée avec prudence.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S43-S44 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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