Antibiothérapie de la bactériurie asymptomatique avant chirurgie urologique: impact d'un programme de bon usage - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Une bactériurie asymptomatique en préopératoire d'une chirurgie urologique est un facteur de risque d'infection urinaire postopératoire si elle n'est pas traitée efficacement. Par conséquent, chaque patient bénéficiant d'une intervention programmée impliquant une intrusion des voies urinaires ou un traumatisme de la muqueuse doit faire l'objet d'un dépistage de la bactériurie et recevoir un traitement antibiotique approprié. Un premier audit avait été réalisé dans notre centre hospitalier en 2023, identifiant une utilisation d'antibiotique à spectre trop large et une durée excessive du traitement préopératoire. Cela a conduit à la mise en oeuvre d'un programme de bon usage des antibiotiques développé par les infectiologues et les urologues. Nous disposons désormais d'un recul suffisant pour évaluer l'impact de ce programme.
Matériels et méthodes |
Il s'agit d'une étude avant-après monocentrique rétrospective, au sein du service d'urologie d'un hôpital universitaire. Les données d'un premier audit ciblé (novembre 2022-juillet 2023) ont été utilisées pour définir les taux de conformité de la période pré-intervention. Après cet audit, il a été décidé de mettre en oeuvre le programme suivant en septembre 2023: un document précisant les antibiotiques à privilégier et la durée optimale de l'antibiothérapie préopératoire a été rédigé, approuvé et présenté aux urologues; des formations sont proposées aux nouveaux internes tous les six mois et les prescriptions sont désormais faites par des urologues plutôt que par des médecins généralistes. L'intervention a été suivie d'une phase post-intervention (janvier 2024 - décembre 2024).
Résultats |
Cette évaluation a été réalisée sur 392 patients (n = 196 en pré- et en post-intervention). Les prescriptions ont été majoritairement réalisées par les urologues dans la période post-intervention (76,0% vs 96,9%, P < 0.001). Le taux de prescriptions non-conformes a diminué (27,0 % contre 18,4 %; P = 0,040), avec moins de prescriptions d'antibiotiques à large spectre inappropriés (24,0 % contre 10,2 %; P <0,001), notamment les fluoroquinolones (18,5 % contre 8,1 %; P = 0,002). Les prescriptions inappropriées de céphalosporines de troisième génération, principalement le céfixime, sont restées stables (7,5% contre 6,6%). La durée moyenne du traitement a été réduite (3,43 ± 2,16 jours contre 2,86 ± 2,13 jours, P < 0,001). Cependant, un taux plus élevé de prescriptions d'antibiotiques inactifs sur les bactéries identifiées a été constaté (3,1 % contre 8,2 %; P = 0,028), principalement pour les bactériuries polymicrobiennes.
Conclusion |
Cette étude met en évidence une amélioration des prescriptions d'antibiothérapie dans les bactériuries asymptomatiques préopératoires dans notre centre. Les points clés sont la réduction de l'utilisation des antibiotiques à large spectre, notamment les fluoroquinolones, ainsi que l'optimisation de la durée des traitements. Les effets positifs observés appellent à poursuivre les efforts pour maintenir ces améliorations et prendre en compte les difficultés persistantes telles que l'utilisation du céfixime et la prescription d'antibiotiques inactifs.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S43 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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