Infections respiratoires basses en soins primaires: analyse d'un entrepôt national de données de santé sur 10 ans - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les infections respiratoires basses (IRB) comptent parmi les principaux motifs de consultation en soins primaires et représentent une cause majeure de prescription d'antibiotiques. Pourtant, les données en vie réelle décrivant leur prise en charge à grande échelle en médecine de ville restent limitées. L'objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques des patients et les modalités de prise en charge des IRB en soins primaires, en particulier les pratiques de prescription antibiotique et les issues à court terme, notamment les reconsultations et les complications à 30 jours.
Matériels et méthodes |
Nous avons conduit une étude observationnelle nationale à partir de dossiers médicaux électroniques anonymisés issus d'une base de données de soins primaires, incluant les patients adultes (≥ 18 ans) présentant une IRB communautaire enregistrée entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2024, avec au moins 12 mois de suivi préalable. Chaque patient contribuait par un seul épisode index, suivi pendant 30 jours pour évaluer les complications. Les IRB étaient classées en bronchite aiguë, grippe/syndrome pseudo-grippal, pneumonie aiguë communautaire (PAC), exacerbation aiguë de BPCO (EABPCO) ou autres IRB aiguës.
Résultats |
Parmi 230 066 épisodes d'IRB inclus, 88 039 (38,3 %) ont été traités par antibiotiques. La bronchite aiguë représentait la majorité des épisodes traités, suivie de la grippe, des PAC et des EABPCO. L'amoxicilline était l'antibiotique de première intention le plus fréquemment prescrit (68,8%, 60 568/88 039), avec une durée moyenne de 8 jours. Les investigations diagnostiques étaient rares: biomarqueurs dans moins de 6 % des épisodes (13 214/230 066) et imagerie thoracique dans moins de 5 % (9 783/230 066). La couverture vaccinale contre la grippe et le pneumocoque était faible. Les complications sévères à 30 jours étaient exceptionnelles, indépendamment de l'exposition aux antibiotiques. Les reconsultations pour IRB concernaient 8,4 % des patients traités (7 357/88 038) contre 0,4 % des patients non traités (591/142 027). L'âge avancé et les maladies respiratoires chroniques étaient indépendamment associés au risque de reconsultation.
Conclusion |
En soins primaires, la prescription d'antibiotiques pour les IRB a nettement diminué par rapport aux données antérieures, mais reste hétérogène et souvent en décalage avec les recommandations, notamment pour la bronchite aiguë. Le faible recours aux examens complémentaires, la durée prolongée des traitements et la faible couverture vaccinale constituent des cibles prioritaires pour améliorer le bon usage des antibiotiques. La rareté des complications sévères suggère qu'une prise en charge plus conservatrice est sûre dans la majorité des situations et soutient les stratégies de réduction de l'exposition aux antibiotiques en pratique ambulatoire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S49 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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