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De la prescription probabiliste à l'antibiothérapie ciblée : impact d'une réévaluation des IU à 48-72h dans une cohorte prospective - 22/05/26

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2026.04.101 
W. Touadi 1, D. Jaafar 1, V. Guiraud 1, M. Deschamps 1, P. Arias 1, J. Zundel 1, M. Cheminet 2, P. Caraux-Paz 1, A. Belkacem 1
1 CHI, Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-Saint-Georges, France 
2 CHI, Créteil, Créteil, France 

Résumé

Introduction

Les infections urinaires (IU) sont l'un des motifs les plus fréquents de prescriptions probabilistes de fluoroquinolones (FQ) et de céphalosporines de 3e génération (C3G) aux urgences (SAU). L'ajustement thérapeutique à 48 h selon l'antibiogramme est réalisé en cas d'échec par les urgentistes pour les patients sortis des urgences pour IU, mais aucune désescalade n'est pratiquée dans notre centre par manque de moyen en dépit des recommandations. Une réévaluation systématique permettrait d'optimiser le bon usage des antibiotiques (BUA) dans cette indication.

Matériels et méthodes

Les patients pris en charge au SAU de notre centre pour suspicion d'IU ambulatoire (cystite simple (CS) et à risque de complications (CR), pyélonéphrites aiguës (PNA) ou IU masculines simples (IUMs) ou fébriles (IUMf)) ont été prospectivement inclus de janvier 2025 à janvier 2026 par les urgentistes. Une réévaluation à 48-72 heures des antibiothérapies (ATB) probabilistes a été faite par l'Équipe Multidisciplinaire d'Antibiothérapie (EMA). Les patients étaient recontactés pour adaptation de leurs ATB selon les résultats des antibiogrammes et les recommandations en vigueur. Les perdus de vue étaient les patients non joignables. La concordance entre diagnostic au SAU et par l'EMA et les optimisations de prescription (arrêt, durée, spectre avec arrêt des FQ et C3G) ont été évalués.

Résultats

Un total de 362 patients, 243 femmes (67 %) et 119 hommes (33 %) ont été inclus. L'âge médian était de 45 ans (18-101 ans). La concordance entre diagnostic suspecté et définitif était de 65% avec 134 PNA (37%), 33 IUMs (9%), IUMf (10%), 55 CS (15%), 17 CR (4%) et 87 diagnostics différentiels (24%). Un ECBU non justifié a été fait pour 40 CS et absent pour 24 IU avec indication d'ECBU dont 8 hommes pour BU négative. La culture de l'ECBU était positive dans 60% des cas (n=218).

Cent soixante-sept prescriptions ont été modifiées (46%): 14% d'arrêts (n=50), 12% de modifications de durée (n=43) et 25% de spectre (n=25) dont 29% d'épargne de FQ et C3G. Une escalade thérapeutique a été faite dans 25 cas (7 %), notamment avec 6 ATB intraveineuses pour BLSE. Aucune modification n'a été faite dans 36% des cas (n=131), dont 10% (n=39) en raison d'ECBU non fait ou non contributif (négatif par ATB préalable ou à flore polymicrobienne). Une épargne de FQ n'a pas pu être faite dans 9% des cas en raison d'intervention tardive de l'EMA ou de perdus de vue. Enfin 50 patients non inclus initialement car sans suspicion d'IU ont eu un ECBU non justifié.

Conclusion

La réévaluation des ATB initiées pour des IU aux SAU est pertinente pour réduire la consommation d'ATB, que ce soit par arrêt anticipé, réduction des durées ou épargne des FQ et des C3G. Cette étude a également révélé qu'une proportion conséquente des ECBU était mal réalisée ou non pertinente. Cette intervention est néanmoins très chronophage et nécessite une coordination optimale entre l'EMA, les urgentistes et les microbiologistes. Son impact sur les données de résistance des entérobactéries en ville serait à surveiller sur le long terme.

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© 2026  Publié par Elsevier Masson SAS.
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