Antibiothérapie en HAD: le virage des 48/72h - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Suivant les recommandations HAS 2008, toute antibiothérapie (ATB) nécessite une réévaluation tracée dans le dossier patient à 48h/72h, afin d'adapter celle-ci à l'évolution du patient et limiter le risque d'émergence de résistance bactérienne. La Fondation Santé Service, établissement d'hospitalisation à domicile (HAD) ne possède pas de logiciel d'aide à la prescription (LAP). Les prescriptions, issues de médecins hospitaliers, généralistes et praticiens HAD (MPHAD), sont centralisées dans un logiciel de dispensation (PharmaInV®), puis valider par les pharmaciens qui alertent les MPHAD de la nécessité d'une réévaluation à 48/72h, uniquement quand le traitement est initié par un MPHAD ou un médecin généraliste.
L'objectif est de réaliser un état des lieux de la réévaluation de l'ATB à 48/72h en HAD et de dégager des axes d'amélioration.
Matériels et méthodes |
Etude observationnelle rétrospective du 01/10 au 31/12/25, incluant tout patient adulte avec une ATB par amoxicilline/acide clavulanique, ceftriaxone, ciprofloxacine, lévofloxacine ou ofloxacine, hors formes locales (cutané, oculaire). Les prises en charge inférieures à 72h et les ATB prescrites mais non administrées ont été exclues. Le recueil de donnés a été fait sur le modèle de la grille d'audit OMEDIT Grand Est (recommandations HAS/SPILF 2024), dont les items incluent le type de prescripteur, la présence ou non d'une réévaluation à 48/72h, son caractère explicite (mention formalisée dans le dossier patient) ou implicite (absence de traçabilité mais adaptation thérapeutique observée), ainsi que les modalités de cette réévaluation (sollicitation d'un avis spécialisé en infectiologie, mention dans le dossier et/ou modification de l'ATB). Les données ont été extraites via PharmaInV® et analysées à partir du logiciel patient informatisé DomiLinkHAD® qui collige les comptes rendus d'hospitalisation et les suivis d'évolution lors de la prise en charge en HAD.
Résultats |
Au total, sur 436 dossiers extraits, 319 patients ont été inclus dont 40% avec un traitement par amoxicilline/acide clavulanique (n=129), 33% par fluoroquinolone (n=105) et 27% par ceftriaxone (n=85). La répartition des prescripteurs était la suivante: hospitaliers 63% (n=200), MPHAD 28% (n=90) et médecins généralistes 9% (n=29). La réévaluation de l'ATB à 48/72h était tracée dans 72% des cas (n=230), dont 33% explicitement (n=105) et 39% implicitement (n=125). Elle était tracée dans 78% des prescriptions hospitalières (n=155) dont explicitement dans 35% des cas (n=55), 71% des prescriptions des MPHAD dont 64% explicitement (n=41) et 38% des prescriptions des généralistes (n=11) dont 81% explicitement (n=9). Un avis infectieux était tracé pour 13% des prescriptions hospitalières (n=19), 5% des prescriptions des MPHAD (n=3) et aucun avis infectieux n'a été demandé pour les prescriptions des généralistes.
Conclusion |
La réévaluation de l'ATB à 48/72 heures était tracée en HAD dans 72% de cas, mais reste hétérogène selon l'origine de la prescription. Ces résultats soulignent l'intérêt de structurer la réévaluation, l'enjeu principal concernant les initiations en médecine de ville. Actuellement, des axes d'amélioration incluant le développement d'un LAP avec alertes automatisées à 48/72h, une optimisation du recours à l'avis infectiologue et de la coordination avec la ville sont en cours de travail.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S50-S51 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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