Réévaluation précoce des traitements antibiotiques : comment répondre au critère obligatoire de la certification sans outil informatique automatisé - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La réévaluation des antibiothérapies entre la 24 ème et la 72 ème heure suivant leur initiation est un critère obligatoire du référentiel de certification des établissements de santé par la Haute Autorité de Santé. Ce critère peut mettre notre établissement qui ne dispose pas d'un système informatique permettant d'automatiser cette réévaluation.
Afin de répondre à cette obligation pour notre CHU de 1500 places, nous avons mis en place une démarche proactive d'analyse manuelle centralisée de chaque prescription d'antibiotique initiée depuis 72 h. Nous rapportons ici une analyse portant sur les réévaluations entre le 02/10/2025 et le 02/02/26.
Matériels et méthodes |
Une requête automatique permet d'identifier quotidiennement les patients hospitalisés recevant un antibiotique depuis 72h. Les prescriptions des services de maladies infectieuses et tropicales, de réanimation et d'hématologie étaient exclues. La liste des patients est transmise à un pharmacien clinicien de l'équipe multidisciplinaire en Antibiothérapie (EMA) qui analyse le dossier et collige les éléments suivants: service, indication du traitement, justification de la durée, présence d'un avis infectiologique.
En fonction de ces éléments, la prescription est classée en 3 catégories:
• Vert: conforme aux recommandations, ou avis infectiologue tracé dans le dossier.
• Orange: doute sur la conformité de la durée de prescription, de l'indication ou du choix de l'antibiotique.
• Rouge: non conforme.
Pour toute prescription réévaluée par cette démarche, un formulaire de traçabilité est incrémenté dans le dossier médical informatisé.
Les prescriptions cotées orange ou rouge sont transmises aux infectiologues de l'EMA qui peuvent décider de recontacter le prescripteur afin de discuter de la suite à donner à la prescription.
Résultats |
Un total de 1422 prescriptions ont été analysées dont 562 portaient une date de fin de traitement (39.5%).
L'indication du traitement était principalement pneumologique (n=355; 25%), urinaire (n=146, 10.3%), digestive (n=72, 5.1%), ostéo-articulaire (n=51, 3.6%), cardiologique (n=48, 3.4%). La prescription concernait un service de pédiatrie dans 63 cas (4.4%) et de chirurgie dans 161 cas (11.3%). Un avis infectiologique avait déjà été donné dans 354 cas (24,9%).
Les antibiotiques les plus prescrits étaient l'amoxicilline – acide clavulanique (n = 312, 21.9%), ceftriaxone (n=241, 16.9%), amoxicilline (n=146, 10.3%), métronidazole (n=109, 7.7%), piperacilline – tazobactam (n=105, 7.4%).
1350 prescriptions étaient classées « vert », conformes aux recommandations (94,9%). Dans 72 cas (5.1%), cette conformité était douteuse et nécessitait l'intervention d'un infectiologue. Aucune prescription n'était classée « Rouge ».
Conclusion |
Cette analyse centralisée des prescriptions d'antibiotiques en cours depuis 72h, est particulièrement lourde. Il permet cependant de répondre au critère obligatoire de la certification HAS, mais aussi d'identifier les services dans lesquels les prescriptions d'antibiotiques ne sont pas conformes aux recommandations, et ainsi de cibler les futures actions de promotion du bon usage des antibiotiques qui seront menées par l'EMA.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S51 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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