Antibiothérapies prolongées : mise en place d'entretien pharmaceutique de suivi ambulatoire - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les entretiens pharmaceutiques (EP) en infectiologie permettent de délivrer des informations de bon usage des antibiotiques (BUA) et de renforcer des messages clés d'observance. Les bénéfices des EP d'instauration d'antibiothérapies (ATB) prolongées, réalisés avant la sortie d'hospitalisation ont déjà été décrits et font partie des leviers classiques de BUA. Le suivi pharmaceutique en ville est encore peu décrit et novateur pour le pharmacien hospitalier.
L'objectif de ce travail est de décrire les principaux impacts de ces EP de suivi en ATB.
Matériels et méthodes |
Depuis mai 2025, et dans une politique de BUA territoriale de notre établissement, un second EP a été mis en place par un entretien téléphonique, à quelques jours de la sortie pour chaque patient avec une ATB prolongée.
Ces EP de suivi étaient tracés dans le dossier patient informatisé (DPI) (Easily®) grâce à un formulaire type reprenant des items clés (posologie et durée, délivrance, tolérance, observance) ainsi qu'un questionnaire de satisfaction.
Résultats |
De mai à décembre 2025, 20 patients avaient eu un EP de suivi, dont 19 (31%) sur les 62 EP d'instauration.
Les 43 patients non réévalués étaient encore hospitalisés (n=21, 49%), non joignables (n=9, 21%), revus directement en HDJ (n=2, 5%), plus sous ATB (n=8, 19%), non interrogeables (n=2; 5%) ou avait refusé l'EP de suivi (n=1).
L'EP de suivi était réalisé en moyenne 6 (IQR=4-13) jours après la sortie d'hospitalisation et 17 (IQR=10-23) jours après le premier EP. Trois patients ont eu plusieurs EP de suivi et 6 ont été revus en HDJ.
Parmi les patients appelés, 65% étaient des femmes (n=13) d'âge médian à 61 (IQR=37-68) ans. Aucun n'a eu de difficulté de délivrance d'ATB. La durée médiane de traitement était de 6 (IQR=4-6) semaines, principalement des infections ostéoarticulaires (n=9; 45%).
Des effets indésirables ont été rapportés chez 9 patients (45 %) lors de l'EP, incluant des manifestations digestives (n=4), cutanées (n=3), hématologiques (n=1) et allergique (n=1). Parmi eux, 6 patients (66%) ont nécessité une modification d'ATB dont 2 à la suite de l'EP de suivi. Ce dernier a également permis de réexpliquer les posologies et durée ATB chez 4 patients (20%) dont l'observance n'était pas optimale (dose journalière prise inférieure à celle prescrite).
Tous les patients étaient satisfaits du format et de la durée de l'EP, avec chez 65% des patients un gain d'information sur le traitement ATB (n=13).
Conclusion |
Les EP de suivi, réalisés en dehors du cadre hospitalier, constituent une démarche innovante qui renforce la continuité des soins après la sortie et renforce la qualité de l'information délivrée au patient. Ces EP ont permis d'ajuster des traitements, de réévaluer les posologies et de répondre de manière individualisée aux interrogations des patients. Toutefois, l'absence actuelle de cadre réglementaire structurant ces EP extra-hospitalières constitue une limite à leur déploiement. Le renforcement du lien avec les pharmaciens d'officine, notamment via l'intégration d'un courrier de liaison dans le DMP, devrait néanmoins soutenir leur développement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S52 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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