Acceptabilité vaccinale face à la leptospirose: enseignements d'une enquête en population réunionnaise - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
En 2024, La Réunion a connu une hausse brutale de l'incidence de la leptospirose, avec 295 cas dont 178 hospitalisations. En réponse, les autorités sanitaires ont lancé le premier programme européen de vaccination organisée contre la leptospirose, ciblant les populations à risque. Cette étude visait à identifier les déterminants de l'acceptabilité vaccinale en population réunionnaise.
Matériels et méthodes |
Une enquête transversale a été menée à La Réunion du 19 au 24 novembre 2025 à l'aide d'un auto-questionnaire anonyme standardisé auprès d'un échantillon représentatif de la population adulte. Les données socio-démographiques et les connaissances, attitudes et pratiques vis-à-vis de la vaccination contre la leptospirose ont été recueillies. Une pondération individuelle, basée sur l'âge, le sexe, la commune de résidence et la catégorie socio-professionnelle, a été appliquée avec redressement sur le recensement INSEE 2020. Les facteurs associés à l'acceptabilité vaccinale ont été analysés par régression logistique.
Résultats |
Au total, 1 188 personnes ont répondu à l'enquête (âge médian 45 ans [IQR 31–60]; sexe-ratio F/H = 1,14). Plus de la moitié des répondants (52,8 %, n=628) avaient un niveau d'études supérieur. Vingt-trois pour cent (n=268) étaient retraités, 21 % (n=254) salariés du secteur privé et 1,2 % (n=7) exerçaient une activité agricole. Une activité à risque était rapportée par 40,7 % (n=483) des répondants. Quatre participants rapportaient un antécédent personnel de leptospirose et plus de 28 % (n=328) un cas dans leur entourage.
Vingt-huit pour cent des répondants (n=329) connaissaient l'existence d'un vaccin contre la leptospirose et 25 % (n=298) étaient informés de l'organisation d'une campagne vaccinale. Les principaux canaux d'information étaient la télévision (48 %, n=565) et les réseaux sociaux (39 %, n=459). Vingt-deux pour cent (n=266) se considéraient à risque d'infection. Quatorze individus étaient vaccinés avant la campagne, 6 dans son cadre et 77 non vaccinés déclaraient souhaiter l'être. Plus de 90 % des répondants estimaient la leptospirose comme une infection grave (n=1133) et plus de la moitié percevaient le vaccin comme utile (n=630). Les principaux freins identifiés étaient la crainte des effets indésirables (64 %, n=760), une efficacité perçue insuffisante (33 %, n=389) et le coût du vaccin (32 %, n=377).
En analyse multivariée, les facteurs associés à l'acceptabilité vaccinale étaient le niveau d'études (p=0,032), le fait d'avoir un emploi (p<0,001), la perception du risque d'infection (ORa 2,31 [1,45–3,67]), celle de l'efficacité du vaccin (ORa 2,41 [1,49–3,84]) et une vaccination antérieure contre la grippe (ORa 1,98 [1,23–3,17]).
Conclusion |
Malgré une perception élevée de la gravité de la leptospirose, la majorité des répondants n'étaient pas vaccinés. L'acceptabilité vaccinale demeurait principalement conditionnée par la perception du risque et de l'efficacité, y compris au sein des populations les plus exposées, soulignant l'intérêt de stratégies de communication ciblées et d'approches « aller vers ».
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S6 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
