Paludisme autochtone en France hexagonale de 2021 à 2025 : hausse du nombre de cas - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'objectif était de décrire les tendances du nombre de cas autochtones de paludisme identifiés via le signalement obligatoire en France hexagonale en 2010-2025, et de caractériser les cas en 2021-2025 pour identifier les causes d'une potentielle évolution.
Matériels et méthodes |
Un cas de paludisme est suspecté d'être autochtone si le patient ne rapporte pas de voyage en zone d'endémie palustre dans les 12 mois précédents le diagnostic. Chaque cas a été investigué en utilisant un questionnaire standardisé renseignant plusieurs expositions à risque comme la réception de colis de zone d'endémie, ou les expositions en milieu de soins. Les isolats ont été envoyés au CNR du paludisme pour confirmation diagnostique, typage et, en cas de paludisme nosocomial, comparaison des souches. L'évaluation du risque vectoriel et la détermination de l'origine du paludisme ont été faites collégialement, utilisant les informations cliniques, microbiologiques et épidémiologiques disponibles.
Résultats |
En 2021-2025, 45 cas de paludisme autochtone ont été confirmés: 24 cas aéroportuaires/colis, 6 cas nosocomiaux, 15 cas cryptiques (origine non déterminée) et aucun cas transmis par des vecteurs locaux. En 2011-2020 il y avait, en moyenne, 4 cas annuels de paludisme contre 9 en 2021-2025, et un maximum en 2025 (n=16). Cette augmentation était le résultat d'une hausse des cas aéroportuaires/colis (de 2 à 5 cas par an) et des cas cryptiques (de 1 à 3 cas par an).
En 2021-2025, les cas étaient détectés majoritairement en Île-de-France (n=21) et Auvergne Rhône Alpes (n=7), pendant les mois de juin à septembre (n=30). Le sex-ratio homme-femme était de 1,8 et l'âge médian de 38 ans (IQR 28-50). Vingt cas étaient nés en zone d'endémie palustre (20/28, 71%). La majorité des cas ont été hospitalisés (40/41). Il s'agissait d'un accès grave pour 13 cas (13/40, 32% contre 16% chez le paludisme d'importation). Trois personnes sont décédées (3/40, 8% contre 0,5% chez le paludisme d'importation).
Conclusion |
L'augmentation de cas de paludisme autochtone en France hexagonale semble être, en partie, le reflet de la situation du paludisme en Afrique. Le pic en 2025 peut également être lié à un climat favorable à la survie des moustiques introduits via les transports depuis l'Afrique. Cette augmentation pourrait justifier des mesures de prévention ciblant la transmission par des moustiques importés via les aéroports depuis des zones d'endémie, y compris ceux transportés dans les bagages ou la soute des avions. Pour identifier les porteurs de paludisme chronique (comptés en tant que cas cryptiques), il serait souhaitable de rechercher plus fréquemment le portage de plasmodiums chez les personnes originaires de zones d'endémie. Une sensibilisation des professionnels de santé semble justifiée dû au risque de forme sévère par retard diagnostique des cas autochtones.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S7 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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