Manifestations cutanéo-muqueuses de l'épidémie de Chikungunya 2024-2025 à La Réunion - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Le chikungunya (CHIKV) connaît une expansion mondiale, avec de récents cas autochtones en Europe. À La Réunion, la réémergence de 2024–2025 a placé les manifestations cutanées au premier plan clinique, dans un contexte d'émergence d'un nouveau variant (lignage IOL) différent de celui de 2005 et au sein d'une population aux phototypes cutanés variés. Cette étude décrit les atteintes dermatologiques aiguës et subaiguës observées lors de cette épidémie.
Matériels et méthodes |
Il s'agit d'une étude observationnelle descriptive multicentrique menée du 1er mars au 31 juillet 2025. Ont été inclus des patients présentant une infection CHIKV confirmée biologiquement ou probable (critères ECDC), en contexte épidémique, associée à une atteinte cutanée. Les données cliniques et sociodémographiques ont été recueillies via un questionnaire standardisé rempli par des médecins hospitaliers et libéraux. Les caractéristiques socio-démographiques et cliniques des cas confirmés et probables ont été comparées. Les variables quantitatives étaient analysées par le test de Welch et les variables qualitatives par le test du Chi² ou de Fisher. Une analyse en composantes multiples a été réalisée afin d'identifier des patterns cliniques.
Résultats |
Au total, 132 patients ont été analysés sur la période d'étude, dont 59 cas confirmés et 73 probables. L'âge médian était de 29 ans [IQR 8–54]. Les phototypes prédominants étaient le II (39,4 %, n=52) et le III (27,3 %, n=36). La prise en charge ambulatoire était majoritaire, 78,0 % (n=103). L'exanthème maculo-papuleux représentait l'atteinte principale (87,9 %, n=116), avec un prurit dans 74,2 % des cas (n=98). Des atteintes moins fréquentes incluaient un purpura (17,4 %, n=23), des modifications cicatricielles (10,6 %, n=14) et des pseudo-érysipèles (10,6 %, n=14). Des lésions bulleuses (8,3 %, n=11), principalement chez les nourrissons, ainsi que des atteintes muqueuses (érythème conjonctival 9,0 %, n=12; brûlures buccales 6,8 %, n=9) étaient observées. Trois biopsies montraient des modifications aspécifiques compatibles avec une origine virale. Aucune signature clinique spécifique n'a été identifiée par analyse en composantes multiples, bien qu'une atteinte palmoplantaire et bulleuse semble plus fréquente chez le nourrisson, et une desquamation accrue chez les patients immunodéprimés.
Conclusion |
Cette étude souligne la diversité des manifestations dermatologiques du CHIKV à La Réunion et l'intérêt central de la sémiologie cutanée pour l'orientation diagnostique en contexte épidémique et de co-circulation virale. Elle confirme la persistance au premier plan de l'exanthème et du prurit, documente des phototypes II–III peu représentés jusque-là et met en évidence des signaux cliniques utiles, notamment les formes bulleuses du nourrisson et les pseudo-érysipèles de l'adulte.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S8 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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