Bilan épidémiologique des cas de tularémie en France: données du CNR des Francisella 2011-2024 - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La tularémie est une zoonose bactérienne causée par Francisella tularensis , et transmise de l'animal à l'Homme au cours d'activités de chasse, de loisirs de plein air ou d'occupations au contact des animaux. Il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire en France à la fois en santé humaine depuis 2002 et en santé animale depuis 2006. L'incidence annuelle en France est estimée à moins de 0,1/100000 habitants, avec une présentation clinique localisée (ganglionnaire, ulcéro-ganglionnaire, oro-pharyngée ou oculo-ganglionnaire) ou systémique (pulmonaire ou typhoïdique).
Néanmoins, depuis plusieurs années, l'incidence de cette maladie augmente au niveau mondial, dont européen.
Notre objectif était de présenter les données du CNR Francisella depuis 2011.
Matériels et méthodes |
Un bilan des cas de tularémie en France sur la période 2011-2024 a été réalisé. Le nombre de cas certains et de cas probables ont été déterminés annuellement. Les formes cliniques, les facteurs de risque et les données concernant l'évolution et le traitement ont été caractérisées à partir des données cliniques et biologiques disponibles.
Résultats |
881 cas d'infections à Francisella ont été rapportés sur la période 2011-2024, dont 878 probables ou confirmés à Francisella tularensis subsp. holarctica . Les patients vont de moins d'un an à 96 ans, avec un sex-ratio H/F de 3,1.
Le nombre de cas annuel est passé de 19-41 par an entre 2011 et 2017 à 53-107 depuis 2018, avec 200 cas diagnostiqués en 2024 seulement.
Ces cas étaient principalement originaires de Bretagne (30,5% des cas 2011-2024), et plus particulièrement du Finistère (22,2% des cas 2018-2024). Les formes pulmonaires étaient en augmentation significative par rapport aux séries françaises antérieures représentant 31,0% des cas sur la période 2011-2024 (plus particulièrement 36,2% des cas 2018-2024) alors que formes ganglionnaires et ulcéro-ganglionnaires prédominaient jusqu'alors.
Entre les périodes 2011-2017 et 2018-2024, une augmentation statistiquement significative des cas en Bretagne (7,8% vs. 34,9%) et des formes pulmonaires (17,6% vs. 36,2%) a été constatée, soulevant la nécessité d'un dépistage de la tularémie dans un plus grand nombre de situations cliniques.
Enfin, 29,3% des patients ne présentaient pas de facteur de contamination identifié, interrogeant sur de nouveaux modes de contamination humaine par F. tularensis .
Conclusion |
L'épidémiologie de la tularémie a subi un changement en France métropolitaine entre 2011 et 2024, avec l'émergence de formes pulmonaires, et une modification de la répartition géographique vers une concentration des cas en Bretagne. Une bonne connaissance de l'épidémiologie et des différentes formes cliniques actuelles semble nécessaire afin d'accélérer le diagnostic de tularémie et la prise en charge des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S8-S9 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
