Revue systématique des études évaluant des biomarqueurs immunologiques dans le COVID long - 04/06/26
, L. Pacoureau 2, C. Lemogne 3, B. Ranque 4Résumé |
Introduction |
Les symptômes post-COVID-19, également appelés « COVID long », sont définis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme la persistance de symptômes au moins trois mois après l’infection aiguë par le SARS-CoV-2. Parmi les hypothèses étiologiques, la possibilité d’une dysrégulation du système immunitaire a été évaluée dans de nombreuses études.
Matériels et méthodes |
Nous avons réalisé une revue systématique des études originales évaluant des biomarqueurs immunologiques dans le COVID long. Les études éligibles étaient publiées dans des revues à comité de lecture, comportaient un groupe contrôle de patients guéris et utilisaient la définition du COVID long de l’OMS. Les bases de données PubMed et Embase ont été interrogées jusqu’en janvier 2025 et la sélection des articles a été réalisée par deux investigateurs indépendants. Le risque de biais a été évalué à l’aide d’un outil publié préalablement pour évaluer les biomarqueurs immunologiques dans le COVID long. La revue a suivi les recommandations PRISMA et le protocole a été enregistré dans la base PROSPERO (CRD420250634485).
Résultats |
Trente études ont été incluses parmi 4 954 références identifiées. Plus de 22 biomarqueurs étaient comparés au moins deux fois entre patients avec et sans COVID long. Parmi eux, 14 étaient significativement associés au COVID long dans au moins un article mais les résultats étaient non reproductibles, en dehors de l’IL-6 qui était retrouvée comme significativement associée au COVID long dans 3 articles sur 9. Dans la plupart des articles, les valeurs moyennes des dosages dans les deux groupes n’était pas précisées (les dosages individuels étaient représentés graphiquement et une p value semi quantitative était fournie) ce qui ne permettait pas de réaliser une méta-analyse. Aucune signature immunologique reproductible n’a pu être identifiée.
La qualité méthodologique de ces articles était insuffisante. En effet, onze études ne décrivaient pas les symptômes et 16 ne rapportaient pas les comorbidités des patients. Dans 18 études, les patients avec Covid long présentaient une infection initiale plus sévère que leurs contrôles (médiane [IQR] de patients initialement hospitalisés : 23 % [2–33] vs. 4 % [0–30]). Un ajustement sur au moins facteur de confusion a été réalisé dans seulement 12/30 études. Dix-sept études ont effectué plus de 20 tests statistiques, mais seules 2 ont appliqué une correction pour comparaisons multiples. Les résultats négatifs n’étaient pas rapportés dans l’abstract dans 18 études, mais uniquement dans le texte principal ou les documents supplémentaires.
Conclusion |
Bien que cette revue n’exclue pas une association entre COVID long et dysrégulation immunitaire, les données disponibles étudiées ne permettait pas de conclure en faveur de cette hypothèse, en raison de résultats hétérogènes et de limitations méthodologiques majeures. Ces résultats soulignent plus généralement la nécessité de recommandations méthodologiques standardisées pour la recherche de biomarqueurs spécifiques d’une entité clinique.
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Vol 47 - N° S1
P. A102 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
