Déterminants des pratiques préventives insuffisantes dans l’hépatite B chronique en Tunisie - 04/06/26
, S. Mrabet, R. Harbi, I. Akkari, E. Ben JaziaRésumé |
Introduction |
L’hépatite B chronique reste un enjeu majeur de santé publique en Tunisie malgré une prévalence relativement faible de l’antigène HBs (1,7 %). Au-delà des aspects cliniques, les pratiques préventives des patients influencent la transmission, l’adhésion aux soins et l’évolution de la maladie. Cette étude visait à évaluer les pratiques préventives des patients atteints d’hépatite B chronique et à identifier les facteurs associés à des pratiques insuffisantes.
Patients et méthodes |
Une étude transversale analytique a été menée auprès de patients âgés ≥ 18 ans, porteurs de l’antigène HBs, sans co-infection VIH ou VHC, et capables de répondre à un questionnaire structuré administré en arabe. Le questionnaire évaluait les connaissances (19 items), les attitudes (6 items) et les pratiques préventives (16 items). Les scores de pratiques ont été dichotomisés (70 % du score maximal) pour définir les pratiques insuffisantes. L’analyse statistique univariée a identifié les facteurs associés ( p < 0,05).
Résultats |
Quatre-vingts patients ont été inclus. L’âge moyen était de 44 ± 11,2 ans, avec une légère prédominance féminine (58,75 %, sexe ratio H/F = 0,7). Les pratiques préventives liées à la transmission du VHB étaient hétérogènes : la majorité des participants avaient révélé leur statut à leur famille (78,75 %) et recommandaient la vaccination à leurs proches (66,25 %), mais seulement 55 % rapportaient une vaccination effective de l’entourage. La protection lors des rapports sexuels et la sensibilisation active de l’entourage étaient adoptées par seulement 38,75 % des participants, tandis que 65 % utilisaient leurs objets personnels de manière individuelle.
Des pratiques insuffisantes ont été observées chez 36,25 % des participants. Les facteurs associés à des pratiques insuffisantes étaient : âge < 40 ans ( p = 0,038), faible niveau d’instruction ( p = 0,013), résidence rurale ( p = 0,01), absence de traitement antiviral ( p = 0,035) et ancienneté du diagnostic < 2 ans ( p = 0,022). Le sexe, le statut matrimonial et les antécédents familiaux n’étaient pas significativement associés. Une corrélation positive significative a été observée entre les connaissances et les pratiques préventives ( p < 0,001), tandis que les attitudes n’étaient pas associées.
Conclusion |
Plus d’un tiers des patients présentent des pratiques insuffisantes pour limiter la transmission du VHB. Ces résultats soulignent la nécessité d’interventions éducatives ciblées, notamment chez les jeunes, les patients récemment diagnostiqués, les non traités et les résidents ruraux, afin d’améliorer les pratiques préventives et réduire le risque de transmission.
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Vol 47 - N° S1
P. A176-A177 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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