Switch intra- vs inter-classes des biothérapies : expérience d’un centre tunisien - 04/06/26
Résumé |
Introduction |
La biothérapie constitue un élément central dans la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC). La disponibilité de plusieurs classes thérapeutiques et de différentes molécules permet d’adapter le traitement en cas d’inefficacité ou d’intolérance, par un switch intra-classe ou inter-classe. Cette étude a pour objectif de décrire les modalités et les indications du changement de biothérapie au cours des RIC.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective incluant des dossiers de patients suivis au service de rhumatologie pour un RIC, traités par biothérapie et ayant bénéficié d’au moins un switch thérapeutique.
Résultats |
Nous avons inclus 27 patients, dont 19 femmes et 8 hommes, avec un âge moyen de 51 ± 13,9 ans. Quatre-vingts pour cent bénéficiaient d’une couverture sociale, tandis que 20 % étaient indigents. Les rhumatismes inflammatoires chroniques comprenaient principalement la polyarthrite rhumatoïde, présente chez 17 patients dont 14 étaient séropositifs. Étaient également représentés deux cas de spondylarthrite ankylosante, une spondylarthrite axiale et périphérique, un rhumatisme psoriasique, quatre spondylarthrites associées aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et deux arthrites juvéniles idiopathiques, dont une forme systémique et une forme polyarticulaire avec facteur rhumatoïde négatif. La durée moyenne d’évolution de la maladie était de 14,7 ± 6,9 ans et l’âge moyen au diagnostic était de 36,4 ± 11 ans.
La durée moyenne d’évolution de la maladie était de 14,7 ± 6,9 ans et l’âge moyen au moment du diagnostic était de 36,4 ± 11 ans.
La biothérapie de première intention était un anti-TNFα chez 26 patients, soit 96,3 %, répartis entre 11 patients traités par infliximab, 8 par certolizumab, 5 par étanercept et 2 par adalimumab, tandis qu’un patient a reçu un anti-IL6 en première ligne. Tous les patients ont bénéficié d’un switch après un délai moyen de 19,2 ± 13,8 mois (6–72 mois). Les principales causes du premier switch étaient l’échappement secondaire (70,4 %), l’échec primaire (11,3 %) et les effets indésirables (7,4 %), incluant une urticaire généralisée, une cytolyse hépatique et une uvéite paradoxale. Trois patients (11,3 %) ont été switchés en raison de la non-disponibilité du traitement. Au total, sept patients ont bénéficié d’un switch inter-classe, tandis que vingt ont eu un switch intra-classe.
Un deuxième switch a été réalisé chez 11 patients après un délai moyen de 3,9 ± 3,5 ans. Les principales causes étaient l’échappement secondaire chez cinq patients, l’échec primaire chez trois patients et un accident iatrogène chez trois patients. Le switch était inter-classe dans 72,7 % des cas et intra-classe dans 27,3 %. Les traitements prescrits comprenaient un anti-TNFα dans 77,8 % des cas, un anti-IL6 dans 14,8 % et le rituximab dans 7,4 %. L’évolution a été favorable chez la majorité des patients, mais six ont nécessité un troisième switch, principalement pour un échec primaire chez trois patients, un échappement secondaire chez deux patients et l’indisponibilité du traitement chez un patient. Une patiente a bénéficié d’un quatrième switch vers un anti-IL6 après échec des anti-TNFα et du rituximab.
Conclusion |
Bien que les biothérapies apportent des bénéfices majeurs aux patients atteints de RIC, il est essentiel de maîtriser les indications de switch ainsi que le choix entre switch intra- ou inter-classe afin d’optimiser la prise en charge.
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Vol 47 - N° S1
P. A257-A258 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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