Intérêt de l’hydroxychloroquine dans la prévention des complications obstétricales au cours du syndrome des antiphospholipides sans lupus systémique associé : analyse par score de propension des données de l’étude observationnelle française GR2 - 04/06/26
, G. Guettrot-Imbert 2, V. Le Guern 2, E. Lazaro 3, A. Deroux 4, O. Souchaud-Debouverie 5, P. Orquevaux 6, V. Langlois 7, N. Ferreira-Maldent 1, T. Goulenok 8, L. Perard 9, E. Berthoux 10, V. Poindron 11, N. Martin-Silva 12, N. Belhomme 13, V. Queyrel 14, C. De Moreuil 15, C. Yelnik 16, L. Raffray 17, M. Le Besnerais 18, E. Pannier 19, A. Molto 20, C. Le Ray 19, L. Sentilhes 21, Y. Nguyen 22, N. Costedoat-Chalumeau 2Gr2 study group
Résumé |
Introduction |
Le bénéfice de l’hydroxychloroquine (HCQ) en prévention des complications obstétricales chez les femmes atteintes de lupus systémique (LS) est bien établi [1] . En revanche, les données concernant son intérêt au cours du syndrome des antiphospholipides (SAPL) obstétrical sans LS associé sont limitées.
Objectif |
Évaluer l’association entre l’exposition à l’HCQ et la survenue d’événements obstétricaux (adverse pregnancy outcomes, APO) chez des femmes enceintes atteintes de SAPL sans LS associé, à l’aide d’un score de propension.
Patients et méthodes |
Nous avons analysé les grossesses issues de l’étude prospective observationnelle française GR2 [2] . Étaient incluses les grossesses uniques évolutives à 12 semaines d’aménorrhée (SA) chez des femmes ≥ 18 ans ayant un SAPL défini selon les critères de Sapporo [3] , sans LS associé et traitées par aspirine à faible dose et/ou héparine de bas poids moléculaire (HBPM), avec données obstétricales complètes. Les interruptions médicales de grossesse pour malformation fœtale ont été exclues (n = 5, dont 3/5 sous Hydroxychloroquine).
L’exposition à l’HCQ était définie par un traitement débuté avant 12 SA et poursuivi pendant la grossesse. Les grossesses pour lesquelles le traitement était introduit entre 12 et 20 SA étaient exclues.
Le critère de jugement principal était un critère composite d’APO comprenant : mort fœtale in utero, naissance prématurée ≤ 34 SA liée à une insuffisance placentaire, petit poids pour l’âge gestationnel (PPAG) sévère (≤ 3 e percentile) ou décès néonatal lié à l’insuffisance placentaire.
Pour la construction du score de propension, les variables utilisées étaient : la présence d’un anticoagulant circulant lupique (ACC) un an autour de la grossesse, d’anticorps antinucléaires (AAN > 1/80), et d’un SAPL réfractaire défini soit par une thrombose malgré une anticoagulation soit par une mort fœtale ou une prématurité ≤ 34 SA liée à une insuffisance placentaire malgré une bithérapie aspirine/HBPM pendant la grossesse. L’effet moyen du traitement a été estimé par pondération inverse de la probabilité de traitement (IPTW). L’équilibre des variables a été évalué par le calcul des différences moyennes standardisées.
Résultats |
Parmi les 194 grossesses incluses, 80 (41 %) étaient exposées à l’HCQ. Avant ajustement, l’exposition à l’HCQ était associée à la présence d’AAN (51/80, 64 % versus 47/114, 41 % ; p = 0,002), la présence d’un ACC (43/75, 57 % vs. 44/106, 41 % ; p = 0,036, 13 données manquantes), et d’un SAPL réfractaire (n = 21/80, 26 % versus 6/114, 5 % ; p < 0,001), traduisant un biais d’indication.
Aucun poids extrême n’a été observé et le chevauchement entre groupes était satisfaisant. Après pondération, les caractéristiques de base étaient équilibrées.
Un APO est survenu chez 18,7 % des grossesses exposées et 12,3 % des grossesses non exposées. Après ajustement, l’HCQ n’était pas associée à une réduction significative du risque d’APO (effet moyen du traitement de −0,013, IC 95 % [−0,13–0,10], OR 0,91 ; IC 95 % [0,35–2,32]). Les taux pondérés d’APO étaient comparables entre les groupes.
La fréquence du diabète gestationnel n’était pas significativement différente selon les groupes (6/80 (7,5 %) groupe avec HCQ et 13/114 (11,4 %) groupe sans HCQ, p = 0,37). Les malformations congénitales n’étaient pas analysables.
Conclusion |
L’HCQ n’est pas associée à une diminution des complications obstétricales chez les femmes suivies pour un SAPL sans LS et traitées par aspirine et/ou HBPM après ajustement par score de propension. En l’absence de bénéfice démontré, ces résultats ne plaident pas pour l’utilisation systématique de l’HCQ dans cette population.
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Vol 47 - N° S1
P. A51-A52 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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