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Le mépolizumab permet d’obtenir un faible niveau d’activité des syndromes hyperéosinophiliques non liés à FIP1L1::PDGFRA : étude multicentrique chez 66 patients - 04/06/26

Doi : 10.1016/j.revmed.2026.03.361 
F. Barde 1, , K. Chevalier 2, S. Faguer 3, N. Freymond 4, Z. Lahmar 5, A. Bourdin 5, D. Canu 6, A. Néel 7, L. Grange 8, C. Taille 9, A.O. Diallo 10, D. Cornec 11, D. Belgodere 12, B. Bonnotte 13, P. Chanez 14, C. Ravaiau 15, S. Trouiller 16, J. Seneschal 6, F. Ackermann 17, I. Marroun 17, E. Ledoult 18, J. Rohmer 17, G. Lefevre 19, M. Groh 17, J.E. Kahn 2
1 CESP, INSERM, Villejuif, France 
2 Médecine interne, Hôpital Ambroise-Paré, Boulogne-Billancourt, France 
3 Néphrologie et transplantation d’organes, Centre Hospitalo-Universitaire de Toulouse, Toulouse, France 
4 Pneumologie, Hospices civils de Lyon, Lyon, France 
5 Pneumologie, CHU Montpellier, Montpellier, France 
6 Dermatologie, Hôpital Saint-André CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
7 Médecine Interne, CHU Hôtel-Dieu, Nantes, France 
8 Médecine interne, CHU de Saint-Étienne, Saint-Étienne, France 
9 Pneumologie, Bichat, Paris, France 
10 Service de médecine interne, endocrinologie et nutrition, Hôpital de Hautepierre, Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France 
11 Rhumatologie, CHU de Brest, Brest, France 
12 Médecine interne, Hôpital de Bastia, Bastia, France 
13 Médecine interne et immunologie clinique, CHU Dijon Bourgogne, Dijon, France 
14 Clinique des bronches, de l’allergie et du sommeil, APHM – Hôpital Nord, Marseille, France 
15 Médecine interne et immunologie clinique, CHU Angers, Angers, France 
16 Médecine interne, Hôpital d’Aurillac, Aurillac, France 
17 Centre de référence des syndromes hyperéosinophiliques (CEREO), Hôpital Foch, Suresnes, France 
18 Médecine interne, Centre Hospitalier Universitaire de Lille, Lille, France 
19 Médecine interne, Hôpital Claude-Huriez, Lille, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le mépolizumab a démontré son efficacité et son effet d’épargne cortisonique dans les syndromes hyperéosinophiliques (SHE) lymphoïdes et idiopathiques au cours d’essais thérapeutiques, mais les données à long terme manquent. Dans les maladies inflammatoires chroniques, le maintien d’un état de faible activité de la maladie (Low Disease Activity State ou LDAS) s’impose désormais comme un objectif thérapeutique majeur à atteindre lors du suivi, préférablement à une évaluation ponctuelle. L’objectif de cette étude était de décrire l’efficacité et la tolérance à long terme du mépolizumab dans les SHE lymphoïdes et idiopathiques en utilisant une définition nouvelle de LDAS spécifique aux SHE (EoLDAS).

Patients et méthodes

Cette étude rétrospective inclut 66 patients atteints de SHE non liés à FIP1L1::PDGFRA, traités par mépolizumab entre 2003 et 2022 dans le cadre d’essais cliniques (300 mg toutes les 4 semaines en sous-cutané) ou d’accès compassionnel (posologie à la discrétion des investigateurs). Les caractéristiques cliniques, l’éosinophilie sanguine, les traitements et les événements indésirables graves ont été recueillis de manière trimestrielle. La rechute était définie par la survenue de manifestation(s) clinique(s) imputable(s) au SHE associée(s) à une éosinophilie ≥ 0,5 × 10 9 /L et nécessitant une intensification thérapeutique (augmentation > 10 mg/j d’équivalent prednisone pendant au moins 5 jours et/ou ajout d’un autre traitement spécifique). L’EoLDAS était défini comme l’association (i) de l’absence de rechute ; (ii) d’un taux d’éosinophiles  <  0,5 × 10 9 /L (rémission hématologique complète) ; (iii) et d’une corticothérapie orale ≤ 5 mg/jour d’équivalent prednisone.

Résultats

Après un suivi médian de 51 mois, 12 patients (18 %) ont rechuté. Les patients ont passé en moyenne 83 % [46–96] de leurs visites de suivi en EoLDAS, et 58 % ont maintenu cet état durant plus de 75 % du suivi ( Fig. 1 ). Un maintien de l’EoLDAS  <  25 % du temps (7 patients) était associé au phénotype lymphoïde et à l’absence d’atteinte pulmonaire initiale. L’espacement des injections de mépolizumab (pratiqué chez 39 patients (59 %)), était associé en modélisation mixte à une ré-ascension modeste des éosinophiles (+6,3 % et +7,4 % par semaine supplémentaire respectivement pour les doses de 300 mg SC et 750 mg IV ; p < 0,001), mais sans surrisque de rechute ni d’augmentation de la corticothérapie. Au dernier suivi, après une durée médiane de traitement de 51 mois [30–126], et alors que l’intervalle médian entre les injections de mépolizumab était de 8 semaines [4–11] 88 % des patients (58 patients) étaient en rémission hématologique complète, 71 % (47 patients) étaient sevrés de corticoïdes et 82 % (54 patients) étaient en EoLDAS. Trente-quatre patients (52 %) ont présenté au moins un événement indésirable grave (principalement infectieux), tous jugés non imputables au mépolizumab. Cinq décès (4 pneumonies, un cancer solide) sont survenus au cours du suivi.

Conclusion

Dans cette large cohorte au suivi prolongé de patients présentant un SHE non lié à FIP1L1::PDGFRA, le mépolizumab permet d’obtenir un faible niveau d’activité dans la durée, avec un profil de tolérance rassurant. Une stratégie de traitement ciblée sur l’activité de la maladie (« treat-to-target ») pourrait devenir la pierre angulaire de la prise en charge des SHE.

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