Efficacité des vêtements compressifs dans le syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile et les troubles du spectre de l’hypermobilité : étude de cohorte rétrospective - 04/06/26
Résumé |
Introduction |
Les troubles du spectre de l’hypermobilité (TSH) et le syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile (SEDh) sont associés à des douleurs chroniques, des altérations de la proprioception et une dégradation de la qualité de vie (QDV). Les vêtements compressifs (VC) sont parfois prescrits afin de moduler les afférences sensorielles et de réduire les symptômes. Bien que plusieurs études de petite taille aient évalué leur utilisation dans le SEDh, les données scientifiques restent limitées et quasi inexistantes pour les TSH, malgré un retentissement clinique similaire.
L’objectif |
était d’évaluer l’efficacité des VC sur la douleur, la consommation d’antalgiques, la fatigue et la qualité de vie chez des adultes atteints de SEDh/TSH.
Patients et méthodes |
Nous avons conduit une étude de cohorte rétrospective monocentrique dans un centre hospitalier universitaire. L’analyse des dossiers médicaux entre janvier 2013 et mars 2025 a permis d’identifier 28 adultes ayant reçu une prescription de VC pour SEDh/TSH symptomatiques, 20 répondaient aux critères d’inclusion. Les données recueillies comprenaient les caractéristiques démographiques, la classification diagnostique, les antécédents cliniques, le score de Beighton, le questionnaire 5QP, les caractéristiques des VC (type, localisation, durée de port), la présence d’un effet « on–off », la tolérance et l’observance de la kinésithérapie.
Le critère principal était un critère composite évalué au suivi (durée moyenne ± écart-type : 4,4 ± 1,0 mois), défini par la présence d’au moins un des éléments suivants : diminution subjective de la douleur, réduction de la consommation d’antalgiques (hors paracétamol), amélioration de la qualité de vie ou diminution de la fatigue.
Résultats |
Parmi les 20 patients inclus (85 % de femmes ; âge moyen 39,2 ± 13,0 ans ; IMC moyen 24,4 ± 7 kg/m 2 ), 13 (65 %) présentaient un SEDh et 7 (35 %) un TSH. La durée médiane de la douleur chronique était de 84 [36–144] mois.
Au suivi, 16 patients (80 %) présentaient une réponse clinique : 16 (80 %) rapportaient une diminution de la douleur, 7 des 13 patients disposant de données exploitables (53,8 %) une réduction de la consommation d’antalgiques, 8 (40 %) une amélioration de la qualité de vie et 3 (15 %) une diminution de la fatigue.
Aucune différence significative n’était observée entre les groupes HSD et hEDS pour l’ensemble des critères évalués.
L’analyse univariée mettait en évidence des tendances en faveur d’un effet bénéfique chez les femmes ( p = 0,08), en cas d’antécédents d’entorses ( p = 0,08), de présence d’un effet « on–off » ( p = 0,094) et d’atteinte proprioceptive ( p = 0,11). Comparativement aux non-répondeurs, les patients répondeurs portaient les VC significativement plus longtemps ( p = 0,0013 ; r 2 = 0,45) et présentaient un IMC plus élevé (26,1 ± 6,1 vs. 17,5 ± 1,0 kg/m 2 ; p = 0,005). L’efficacité clinique n’était pas corrélée au score de Beighton.
Conclusion |
Les vêtements compressifs pourraient représenter une option thérapeutique non pharmacologique, globalement bien tolérée, susceptible d’être associée à une réduction de la douleur et de la consommation d’antalgiques chez des patients atteints de SEDh/TSH. L’efficacité apparemment comparable observé entre les deux groupes plaide en faveur d’un élargissement des critères de prise en charge/remboursement par les financeurs du système de santé.
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Vol 47 - N° S1
P. A55-A56 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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