Pourcentage d’occlusion vasculaire sur biopsie d’artère temporale et atteinte ischémique initiale : cohorte de 220 patients avec artérite à cellules géantes prouvée - 04/06/26

Résumé |
Introduction |
Le diagnostic d’artérite à cellules géantes (ACG) se base sur des éléments clinico-biologiques et d’imageries non invasives, cependant non spécifiques. La biopsie d’artère temporale (BAT) garde une place diagnostique importante car permet d’en affirmer la certitude en cas de présence de vascularite. L’analyse anatomopathologique détaillée a cependant été peu étudiée avec des corrélations cliniques parfois discordantes. Nous proposons d’étudier les caractéristiques détaillées de BAT positives pour le diagnostic d’ACG et leurs corrélations potentielles avec les données cliniques des patients.
Patients et méthodes |
Il s’agissait d’une étude monocentrique rétrospective comprise entre 2005 et 2022 portant sur des patients ayant eu une BAT et un diagnostic d’ACG retenu, basé sur les critères internationnaux. Une double relecture anatomopathologique détaillée a été réalisée sur l’ensemble des BAT, en aveugle des autres caractéristiques des patients.
Résultats |
Un total de 286 patients ont été inclus : 63 % de femmes, âge moyen de 75 ans. Un doppler temporal a été réalisé dans 233/286 des cas avec une positivité de 79/233 (34 %), et un examen d’imagerie aortique dans 143/286 (50 %) des cas avec une positivité pour une aortite/artérite des gros troncs de 55/143 (38 %).
Après relecture anatomopathologique, 227/286 (79 %) des BAT étaient positives pour le diagnostic d’ACG : 68 % avec panartérite, 9 % avec vascularite “limitée” (inflammation d’une ou 2 couches artérielles), 2 % cicatricielles sans inflammation, 21 % négatives.
Parmi les patients avec BAT positives non cicatricielles (actives), 76/220 (35 %) patients ont présenté une complication ischémique initiale : visuelle (59/76, dont 10 paralysies oculomotrices, 38 NOIA, 9 OACR, 3 NORB), cérébrale (12/76), vasculaire périphérique (10/76). Ces patients avec complications ischémiques initiales avaient moins de signes généraux/fièvre (17 %/20 % versus 38 %/36 %, p = 0,001/ p = 0,012). Le syndrome inflammatoire était moins marqué ( vs. 77 versus 87 mm/h, p = 0,014, CRP 82 vs. 105 mg/L, p = 0,023). Il n’existait pas de différence en terme d’évolution (réchutes, récidives, mortalité sous traitement).
L’élément anatomopathologique le plus discriminant en faveur d’une complication ischémique initiale était le pourcentage d’occlusion artérielle (71 % vs. 62 %, p = 0,04). Il n’existait pas de différence concernant le degré et la composition de l’infiltrat inflammatoire, ni selon la présence de cellules géantes ou la destruction de la média. Une nécrose fibrinoïde était plus fréquente dans le groupe avec complication ischémique (20 % vs. 10 %, p = 0,037).
En utilisant un seuil d’occlusion artérielle de 60 %, les patients ayant un seuil < 60 % avaient moins d’atteinte ischémique générale (17/67, 25 % versus 59/152, 39 %, p = 0,05. Concernant l’atteinte ischémique visuelle, elle était plus fréquente pour les patients avec un seuil ≥ 60 % (11/67, 16 % versus 48/152, 32 %, p = 0,02).
Conclusion |
Cette étude souligne la pertinence de réaliser une BAT en cas de suspicion d’ACG avec une rentabilité diagnostique importante. L’analyse fine anatomopathologique de la BAT met en évidence une corrélation entre l’importance du remodelage vasculaire (% d’occlusion) et la présence d’une complication ischémique notamment visuelle. Ces résultats préliminaires, en adéquation avec une étude précédente (Chatelain 2009), pose la question d’un traitement personnalisé, en fonction des résultats anatomopathologique de la BAT.
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Vol 47 - N° S1
P. A62-A63 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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