Impact de la corticothérapie sur l’histologie de la biopsie d’artère temporale dans l’artérite à cellules géantes - 04/06/26
, D. Chatelain 2, R. Loire 3, J. Schmidt 1, P. Duhaut 1Résumé |
Introduction |
Le diagnostic d’artérite à cellules géantes (ACG) peut être difficile lors de la suspicion initiale, les examens d’imageries et l’histologie n’étant pas toujours disponibles en urgence. Pourtant, l’ACG constitue une urgence thérapeutique en raison du risque de complications ischémiques, en particulier la perte visuelle définitive, imposant l’instauration rapide d’une corticothérapie. L’influence de la corticothérapie sur la positivité de la biopsie d’artère temporale (BAT) a déjà été étudiée, avec des résultats discordants. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la corticothérapie sur l’histologie de la BAT dans l’artérite à cellules géantes.
Matériels et méthodes |
Cette étude a été réalisée à partir d’une cohorte multicentrique débutée en 1991, incluant des patients atteints d’ACG et de pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR). Le design, les critères d’inclusions et d’exclusions ont été rapportés dans des publications antérieures [1] . Tous les patients remplissaient les critères de classification ACR 1990 pour l’ACG. Les échantillons de BAT des patients ont été relus par deux anatomopathologistes qui étaient en aveugle sur les données cliniques et biologiques. Le taux de BAT positive a été comparé selon le délai entre l’initiation de la corticothérapie et la réalisation de la BAT réparti en quatre périodes : avant ou le jour de l’introduction du traitement, moins d’une semaine, une à deux semaines, et plus de deux semaines. Une analyse multivariée ajustée sur les facteurs cliniques et biologiques influençant la positivité de la BAT a été réalisée. Les caractéristiques histologiques détaillées ont également été comparées entre les groupes.
Résultats |
Au total, 377 patients ont été inclus : 210 ayant une eu BAT avant ou le jour de l’introduction de la corticothérapie, 146 avec un délai inférieur à une semaine, 13 entre une et deux semaines et 8 au-delà de deux semaines. Les taux de BAT positive étaient respectivement de 81,4 %, 71,9 %, 69,2 % et 50 %. Après ajustement, l’allongement du délai entre l’introduction de la corticothérapie et la BAT était associé à une diminution du taux de BAT positive, avec un odds ratio (OR) de 0,44 (IC 95 % 0,24 à 0,79) pour un délai inférieur à une semaine, 0,27 (IC 95 % 0,07 à 1,22) entre une et deux semaines, et 0,21 (IC 95 % 0,04 à 1,05) au-delà de deux semaines. Concernant les caractéristiques histologiques, des différences significatives étaient observées pour le nombre de niveaux analysés ( p = 0,010), l’épaisseur de l’intima ( p = 0,020) et l’inflammation des vasa vasorum ( p = 0,037), sans différence pour les autres paramètres.
Discussion |
Ces résultats supportent que le délai de réalisation de la BAT ne doit pas retarder l’initiation de la corticothérapie en cas de suspicion d’ACG, mais qu’une réalisation précoce de la BAT augmente les chances d’obtenir une histologie positive. Les discordances rapportées dans la littérature pourraient s’expliquer par l’hétérogénéité des populations étudiées, la taille limitée de certains échantillons et la variabilité des délais analysés entre corticothérapie et BAT [2] . Par ailleurs, des données suggèrent une diminution de la sensibilité de l’échodoppler des artères temporales et du TEP-TDM sous corticothérapie [3] , soulignant l’intérêt d’un accès rapide aux examens diagnostiques.
Conclusion |
La corticothérapie est associée à une diminution du taux de BAT positive dans l’ACG, renforçant l’intérêt de réaliser la biopsie dans un délai rapide, sans retarder le traitement.
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Vol 47 - N° S1
P. A63-A64 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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