Association Vénétoclax et Azacitidine pour le traitement des manifestations dysimmunitaires associées aux néoplasies myéloïdes - 04/06/26
, V. Jachiet 2, J. Hadjadj 2, M. Heiblig 1, P. Lozac’h 3, M. Wemeau 4, M. Battistella 5, M. Ruyer-Thompson 1, E. Zakine 1, U. Tauveron-Jalenques 6, M. Ruivard 7, B. De Renzis 8, O. Fain 9, P. Fenaux 10, L.P. Zhao 11, A. Mekinian 9Résumé |
Introduction |
Environ 20 % des néoplasies myéloïdes (NM), incluant les syndromes myélodysplasiques (SMD) et les leucémies myelomonocytaires chroniques (LMMC), se compliquent de manifestations dysimmunitaires. Celles-ci sont fréquemment sévères, corticodépendantes et répondent peu aux immunosuppresseurs standards. Le syndrome VEXAS, causé par des mutations somatiques de UBA1, est une pathologie auto-inflammatoire prototypique associée aux NM, mais ne représente qu’environ 12 % des manifestations dysimmunitaires au cours des SMD/LMMC. Dans une étude prospective de phase II incluant 29 patients, l’azacitidine (Aza) a induit une réponse inflammatoire dans 66 % des cas, avec une amélioration hématologique concomitante chez 86 % des répondeurs ; la réduction parallèle de la charge allélique du clone et des marqueurs inflammatoires suggère un effet ciblant le clone. Malgré ce profil de réponse favorable, le délai d’action immunomodulateur lent de l’Aza limite le contrôle inflammatoire précoce et prolonge souvent l’utilisation des corticoïdes. De plus, environ un tiers des patients sont non-répondeurs, chez qui la progression de la maladie inflammatoire est associée à un pronostic sombre. Le vénétoclax (VEN), un inhibiteur sélectif de BCL-2 administré par voie orale, est approuvé en association avec l’Aza (Ven-Aza) pour le traitement de la leucémie aiguë myéloïde (LAM) et est actuellement en cours d’évaluation dans les SMD et les LMMC. Cette association est liée à des taux de réponse hématologique plus élevés et un délai d’action plus court comparé à l’Aza seule. Nous avons évalué les réponces inflammatoires et hématologiques de patients atteints de NM et de manifestations dysimmunitaires traités par Ven-Aza.
Patients et méthodes |
Nous avons mené une étude rétrospective multicentrique basée sur un appel de cas national via le Groupe Francophone des Myélodysplasies (GFM) et le réseau MINHEMON. Nous avons collecté les cas rapportés entre mai 2024 et juin 2025, présentant une NM définie par l’OMS et une manifestation dysimmunitaire active (symptômes nouveaux ou s’aggravant avec une CRP > 10 mg/L dans les 3 mois précédant Ven-Aza). Les réponses des manifestations dysimmunitaires ont été définies selon les critères précédemment décrits, et les réponses hématologiques selon les critères IWG 2023 et ELN 2022.
Résultats |
Les données ont été recueillies pour 11 patients inclus parmis 16 cas rapportés (8 hommes, 73 % ; 3 femmes, 27 %). L’âge médian au diagnostic de la manifestation dysimmunitaire était de 70 ans. Les manifestations dysimmunitaires était des polyarthrites séronégatives non érosives (n = 4, 36 %), des dermatoses neutrophiliques (n = 4, 36 %), des vascularites (n = 3, 27 %), des pneumopathies interstitielles non spécifiques (n = 2), des myopathies (n = 2) et une chondrite. Le taux médian de CRP avant Ven-Aza était de 110 mg/L. Les NM comprenaient des LAM (n = 6, 55 %), des LMMC (n = 3, 27 %) et des SMD (n = 2, 18 %). Les mutations somatiques les plus fréquentes étaient ASXL1 (36 %) et IDH2 (36 %). Aucun patient n’était porteur d’une mutation UBA1.
Le délai médian pour obtenir la meilleure réponse inflammatoire était de 2 mois. Chez 4 patients disposant de données, la CRP a chuté de 110 mg/L à 3 mg/L dès le premier cycle. Dans cette cohorte 7 patients avait une consitcothérapie au début du traitement, parmis eux 7 (71 %) ont pu l’interrompue après un délai médian de 6 mois. Des réponses hématologiques ont été observées chez 9 patients (81 %), incluant 6 réponses complètes (55 %). Globalement, 8 patients (73 %) ont atteint une réponse concomitante hématologique et dysimmunitaire.
Discussion |
Dans cette cohorte nationale, l’association Ven-Aza a permis des taux élevés et concordants de réponses inflammatoires et hématologiques, avec un contrôle rapide de l’inflammation et un sevrage précoce des corticoïdes. Contrairement à l’Aza seule, où la réponse survient vers 6 mois, notre cohorte montre un délai de réponse nettement plus court (2 mois), suggérant que le Ven contribue à un contrôle précoce des manifestations dysimmunitaires. Bien que les mécanismes précis restent à élucider, le Ven semble moduler les réponses des cellules T et de l’immunité innée.
Conclusion |
L’association Ven-Aza semble efficace pour contrôler les manifestations dysimmunitaires associées aux néoplasies myéloïdes de haut risque. Des études prospectives sur de plus grandes cohortes sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
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Vol 47 - N° S1
P. A71-A72 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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