Les enjeux éthiques du Maastricht 3 en réanimation : articuler respect de la fin de vie, définition de la mort et solidarité - 05/06/26
Ethical challenges of cDCD in intensive care: Articulating end-of-life care, death, and solidarity
Résumé |
Le don d’organes après arrêt circulatoire contrôlé Maastricht 3 constitue aujourd’hui un levier majeur d’amélioration de l’accès à la greffe. Il repose sur une séquence singulière associant, dans une même trajectoire de soin, une décision d’arrêt des traitements prise dans l’intérêt exclusif d’un patient en fin de vie et, après le décès, une procédure de prélèvement au bénéfice d’un tiers. Cette articulation entre accompagnement de la fin de vie et solidarité expose le dispositif à des tensions éthiques spécifiques. Trois enjeux structurent cette analyse. Le premier concerne les décisions et les pratiques d’arrêt des traitements : leur indépendance vis-à-vis de toute perspective de don doit être strictement garantie, tout en s’inscrivant dans une réalité clinique où temporalités et intentions peuvent se rapprocher. Le second porte sur la détermination de la mort sous circulation régionale normothermique : la permanence de la mort, définie comme perte complète et permanente de la fonction cérébrale, suppose d’exclure toute reperfusion cérébrale et de maintenir la cohérence de la règle du donneur décédé. Le troisième concerne l’expérience des proches : les données suggèrent que l’intégration du don n’aggrave pas la charge psychologique lorsque la prise en charge est structurée et la communication adaptée. Le Maastricht 3 est un dispositif complexe et exigeant, dont la robustesse repose sur un travail pluridisciplinaire permettant de reconnaître et de travailler les tensions dans un climat éthique apaisé, condition de l’amélioration des pratiques et de la confiance.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Controlled donation after circulatory determination of death (cDCD) has become a major strategy to expand access to transplantation. It relies on a distinctive sequence combining, within a single care trajectory, a decision to withdraw life-sustaining treatment made in the patient's best interest and, after death, an organ procurement procedure for the benefit of a third party. This articulation between end-of-life care and solidarity generates specific ethical tensions. Three key issues structure this analysis. The first concerns decisions and practices of withdrawal of life-sustaining treatment: their independence from any donation perspective must be strictly ensured, while acknowledging a clinical reality in which temporalities and intentions may converge. The second relates to the determination of death under normothermic regional perfusion: permanence of death, defined as the complete and permanent loss of brain function, requires excluding any cerebral reperfusion and maintaining consistency with the dead donor rule. The third concerns the experience of relatives: available data suggest that integrating donation into end-of-life care does not increase psychological burden when care is structured and communication is appropriate. cDCD is a complex and demanding practice, whose robustness depends on multidisciplinary work to recognize and address these tensions within an ethically supportive environment, thereby contributing to improved practices and sustained trust.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Don d’organes après arrêt circulatoire contrôlé, Maastricht 3, Éthique clinique, Détermination de la mort, Circulation régionale normothermique, Confiance et légitimité
Keywords : Controlled donation after circulatory death, Maastricht 3, Clinical ethics, Determination of death, Normothermic regional perfusion, Trust and legitimacy
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