Parcours de prise en charge du trouble de stress post-traumatique chez les personnels des forces de défense et de sécurité : étude rétrospective sur trois ans à l’Hôpital Principal de Dakar - 06/06/26
Resume |
Contexte |
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est fréquent en milieu militaire et expose à un important retentissement fonctionnel ainsi qu’à un risque d’invalidité. Sa prise en charge dans les forces de défense et de sécurité repose sur des approches psychothérapeutiques et médicamenteuses, auxquelles s’ajoutent des spécificités médico-administratives liées aux procédures de reconnaissance et de réparation prévues par la réglementation militaire.
Objectif |
L’objectif de ce travail était de décrire le parcours global de prise en charge du TSPT chez les personnels des forces de défense et de sécurité suivis à l’Hôpital Principal de Dakar entre 2020 et 2022, incluant les dimensions cliniques, thérapeutiques et médico-administratives.
Méthodes |
Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive menée au service de psychiatrie de l’Hôpital Principal de Dakar, portant sur les dossiers des personnels des forces de défense et de sécurité (FDS) reçus entre janvier 2020 et décembre 2022. Ont été inclus les patients des FDS présentant un trouble de stress post-traumatique (TSPT) diagnostiqué selon les critères de la CIM-10 et ayant bénéficié d’une démarche médico-administrative de reconnaissance et de réparation. Des critères d’exclusion ont également été appliqués. La saisie, le traitement et l’analyse des données ont été réalisés à l’aide du logiciel Excel.
Résultats |
La population source de notre étude était constituée de 71 dossiers de FDS. Après application des critères d’inclusion et d’exclusion, 21 dossiers ont été retenus, soit un taux de sélection de 39,6 %, constituant ainsi la population d’étude. L’armée était majoritaire dans l’échantillon (n=10/21), avec une prédominance des sous-officiers (n=9/21). La majorité des patients ne présentait pas d’antécédents psychiatriques (n=20/21) et était adressée par le médecin d’unité (n=16/21). Le syndrome de répétition se manifestait par des souvenirs récurrents chez la totalité des patients. La majorité des patients souffrant de TSPT avaient une modification durable de la personnalité (n=13/21).
Tous bénéficiaient d’une prise en charge combinant psychothérapie et traitement médicamenteux. La déclaration du TSPT survenait le plus souvent dans l’année suivant l’événement traumatique, mais pouvait être retardée.
Une expertise médico-légale a été réalisée chez la plupart des patients (n=11/21), le plus souvent en première instance. Un taux d’invalidité de 50 % était le plus fréquemment attribué (n=4/11). Après expertise, la majorité des patients a été présentée à la commission de réforme (n=6/11).
Une rémission complète des symptômes a été observée chez la majorité des patients (n=8/21).
Conclusion |
La prise en charge du TSPT au sein des forces de défense et de sécurité s’inscrit dans une approche intégrée associant soins psychiatriques et procédures médico-administratives. Cette prise en charge semblerait contribuer à une évolution clinique favorable. Toutefois, ce lien ne peut être affirmé avec certitude en raison de plusieurs limites méthodologiques. Des études multicentriques à plus grande échelle, utilisant des outils d’évaluation standardisés seraient nécessaires afin de mieux apprécier l’impact réel de ces dispositifs sur l’évolution clinique des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Keywords : Mots-clés, Trouble de stress post traumatique, Forces de défense et de sécurité, Expertise médico-légale, Commission Spéciale de réforme, Santé mentale
Plan
Vol 10 - N° 3
Article 100701- septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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