Céroïdes-lipofuscinoses neuronales - 09/06/26
: Maître de conférences des Universités, praticien hospitalier, E. Le Guillou a, b, c, d : Praticien hospitalierRésumé |
Les céroïdes-lipofuscinoses neuronales (CLN) sont des maladies neurodégénératives majoritairement transmises sur le mode autosomique récessif (à l'exception d'une forme adulte dominante). Cliniquement, elles associent une épilepsie myoclonique, une régression psychomotrice, une perte progressive de la vision et un décès précoce. Quatre formes cliniques ont classiquement été décrites, notamment en fonction de l'âge de début des signes : infantile précoce (Santavuori-Haltia), infantile tardive (Jansky-Bielschowsky), juvénile (Spielmeyer-Vogt-Sjö gren ou Batten) ou adulte (Kufs), mais de nombreuses formes variantes ont été rapportées. Cette grande hétérogénéité clinique a été corrélée à l'implication de treize gènes dans la pathogenèse de ces affections. Cinq gènes codent des protéines solubles : palmitoyl protéine thioestérase (gène PPT1 ), tripeptidyl peptidase 1 (gène TPP1 ), cathepsine D (gène CTSD ), cathepsine F (gène CTSF ), progranuline (gène GRN ) ; les autres codent des protéines transmembranaires ou cytosoliques. Ces avancées génétiques ont permis d'améliorer significativement le diagnostic des CLN, qui repose sur l'identification soit du déficit enzymatique (PPT1 et TPP1), soit directement des anomalies géniques sur l'un des gènes responsables. Cette confirmation diagnostique chez les patients facilite le conseil génétique intrafamilial et offre la possibilité au couple parental d'avoir recours à un éventuel diagnostic prénatal ou préimplantatoire. Au cours des dernières années, des progrès ont également été faits dans la physiopathologie des CLN. Ces maladies étaient caractérisées classiquement par une accumulation intraneuronale de lipopigments autofluorescents ayant une morphologie ultrastructurale particulière (corps granuleux osmiophiles, curvilinéaires, empreintes). Les différentes protéines impliquées dans ces pathologies commencent à être caractérisées au niveau de leur localisation intracellulaire et de leurs interactions, mais des progrès restent encore à faire pour mieux comprendre les mécanismes intrinsèques de ces affections. Enfin, des approches thérapeutiques se développent pour les CLN, notamment une thérapie substitutive par voie intracérébroventriculaire dans la forme CLN2. D'autres stratégies sont actuellement explorées (thérapies moléculaires, thérapie génique ... ) et pourraient être applicables dans le futur.
Mots-clés : Céroïde-lipofuscinose neuronale, Épilepsie myoclonique, Lipopigments autofluorescents, Palmitoyl protéine thioestérase, Tripeptidyl peptidase 1, Thérapie substitutive, Voie intracérébroventriculaire
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