Métastases péritonéales colorectales ou gastriques : où en est-on de la chirurgie de cytoréduction complète et de la chimiohyperthermie intrapéritonéale (CHIP) ? - 11/06/26
Complete cytoreductive surgery and hyperthermic intraperitoneal chemotherapy for colorectal and gastric peritoneal metastases: Where are we today?
, Clément PastierRésumé |
Points essentiels |
• | La tomodensitométrie abdominopelvienne sans et avec injection aux temps artériel et portal, est l’examen de référence et permet de détecter les MP avec une sensibilité variant de 25 % à 96 % et une spécificité d’environ 85 %. |
• | La cœlioscopie exploratrice sous-estime dans 20 % des cas l’étendue des lésions mais permet dans près de 100 % des cas de confirmer le diagnostic de carcinose. |
• | En raison de la difficulté diagnostique des MP, la connaissance des facteurs de risque de MP est primordiale, afin de les rechercher et diagnostiquer précocement, et d’augmenter ainsi les possibilités d’un traitement curatif. |
• | Les résultats de l’étude randomisée PRODIGE 7 ont permis de valider la résection complète des MPCCR chez les patients sélectionnés, en centres experts. |
• | Les résultats de l’étude randomisée GASTRIPEC n’ont pas montré de bénéfice de survie globale avec l’addition d’une CHIP après CRC de MPGAST. En raison des résultats décevants de la CRC avec ou sans CHIP et des progrès de la chimiothérapie systémique, la question est de savoir s’il faut opérer les patients ayant des MPGAST ou de poursuivre la chimiothérapie systémique ; une étude en cours (CONVERGENCE) a pour but de répondre à cette question. |
Résumé |
Les métastases péritonéales de cancer colorectal (MPCCR) et de cancer gastrique (MPGAST) sont fréquentes (métachrones chez 15 à 40 % des patients) et sont le plus souvent diagnostiquées à un stade avancé en raison du peu de symptômes au stade initial de la maladie. La tomodensitométrie abdominopelvienne sans et avec injection aux temps artériel et portal permet de préjuger du diagnostic de récidive ou d’atteinte péritonéale. Néanmoins, l’exploration de la cavité péritonéale par cœlioscopie permet de confirmer le diagnostic et d’apporter une preuve histologique. Il est essentiel de distinguer les traitements à visée palliative de ceux à visée potentiellement curative, ces derniers reposant sur la résection complète de la maladie dont la faisabilité dépend de critères techniques, oncologiques et physiologiques. Le traitement des MPCCR et des MPGAST repose sur la chimiothérapie systémique (avec ou sans thérapie ciblée) qui peut être associée à une chirurgie de cytoréduction complète (CRC) chez des patients sélectionnés, et réalisée en centres experts. Le bénéfice de survie de la CRC chez les patients ayant des MPCCR a été validé avec une survie médiane de 41 mois (PRODIGE 7). Concernant l’addition d’une CHIP à la CRC, la drogue utilisée est préférentiellement la mitomycine C et un essai randomisé de phase 3 comparant CRC plus CHIP à la mitomycine C versus CRC seule, est en cours en Espagne. Concernant les MPGAST, les résultats de survie après CRC, après CRC plus CHIP, ou après chimiothérapie systémique seule, restent décevants. Une étude internationale, CONVERGENCE (débutant prochainement en France) aura pour but d’étudier le bénéfice de la CRC chez ces patients. Le pronostic des MP d’origine colorectale et d’origine gastrique a été nettement amélioré ces dernières décennies, grâce à une meilleure connaissance de ces maladies et à une prise en charge chirurgicale et oncologique en centres de référence et experts. Les bénéfices potentiels de la CHIP associée à la CRC sont en cours d’évaluation dans des études randomisées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Peritoneal metastases originating from colorectal cancer (CRPM) and gastric cancer (GCPT) occur frequently (metachronous in 15 to 40% of patients) and are most often diagnosed at an advanced stage because symptoms are sparse at the initial stages of disease. Abdominal-pelvic computed tomography with or without arterial and portal phase evaluation is essential for the diagnosis of recurrence or peritoneal involvement. However, exploration of the peritoneal cavity by laparoscopy can confirm the diagnosis and provide histological evidence. It is crucial to distinguish between palliative and potentially curative treatments; the latter based on complete resection of disease, the feasibility of which depends on technical, oncological and physiological criteria. The treatment of CRPM and GCPM is based on systemic chemotherapy (associated with or without targeted therapy) potentially combined with complete cytoreductive surgery (CRS) in selected patients and performed in expert centers. The survival benefit of CRS in patients with CRPM has been validated with a median survival of 41 months (PRODIGE 7). Regarding the addition of hyperthermic intraperitoneal chemotherapy (HIPEC) to CRS, mitomycin C is the preferred drug used and a phase-3 randomized trial comparing CRS plus HIPEC to mitomycin C versus CRS alone, is underway in Spain. Regarding GCPM, survival results after CRS, after CRS plus HIPEC, or after systemic chemotherapy alone, remain disappointing. The goal of CONVERGENCE, an international trial (starting soon in France), will be to evaluate the benefit of CRS in these patients. The prognosis of colorectal and gastric peritoneal disease (PD) has improved substantially in recent decades, thanks to better knowledge of these entities, managed surgically and oncologically in expert reference centers. The potential benefits of HIPEC in combination with CRS are under evaluation in randomized trials.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Métastase péritonéale, Cancer colorectal, Cancer gastrique, Cytoréduction complète, Chimiohyperthermie intrapéritonéale, Survie
Keywords : Peritoneal metastasis, Colorectal cancer, Gastric cancer, Complete cytoreduction, Hyperthermic intraperitoneal chemotherapy, Survival
Plan
| ☆ | Ne pas utiliser, pour citation, la référence française de cet article, mais celle de l’article original paru dans Journal of Visceral Surgery , en utilisant le DOI ci-dessus. |
Vol 163 - N° 3
P. 230-244 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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