Néphrotoxicité en pédiatrie - 11/06/26
, M. Mosca dRésumé |
Cette revue analyse la néphrotoxicité en pédiatrie, principalement d'origine médicamenteuse, mais également liée à des expositions toxiques non médicamenteuses. Des données épidémiologiques françaises récentes soulignent la fréquence des expositions aux médicaments néphrotoxiques chez les enfants hospitalisés. Près de la moitié (43 %) des enfants hospitalisés pendant 3 jours ou plus reçoivent au moins un médicament néphrotoxique. Les atteintes rénales peuvent résulter de mécanismes dose-dépendants ou idiosyncrasiques et concerner l'ensemble des compartiments rénaux, avec une prédominance de lésions de nécrose tubulaire aiguë. Les principaux phénotypes cliniques incluent l'insuffisance rénale aiguë vasomotrice, la nécrose tubulaire aiguë, les tubulopathies proximales ou distales, la néphrite tubulo-interstitielle aiguë, la protéinurie, la microangiopathie thrombotique et la cristallurie. Chez l'enfant, les molécules les plus fréquemment impliquées sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les aminosides, la vancomycine, l'amphotéricine B, le cisplatine, l'ifosfamide, le ténofovir, les inhibiteurs de la calcineurine et les produits de contraste. La susceptibilité rénale est majorée par l'hypovolémie, les comorbidités, l'immaturité rénale, l'association de plusieurs néphrotoxiques et l'existence d'une néphropathie préexistante. Certaines populations sont particulièrement à risque, notamment les nouveau-nés prématurés, les patients transplantés, les enfants traités pour cancer et ceux exposés à des agents de contraste. L'article souligne également que l'insuffisance rénale modifie profondément la pharmacocinétique des médicaments, justifiant une adaptation posologique au débit de filtration glomérulaire et une surveillance thérapeutique rapprochée. En situation d'épuration extrarénale, la prise en charge pharmacologique doit intégrer les caractéristiques de dialysabilité des molécules afin d'optimiser leur administration. La prévention repose avant tout sur l'identification précoce des situations à risque, l'hydratation adaptée, la réduction de l'exposition cumulative, l'évitement des associations néphrotoxiques et le monitorage biologique. En conclusion, la néphrotoxicité pédiatrique demeure fréquente et sous-estimée, mais potentiellement évitable grâce à une stratégie de néphroprotection intégrée et à une individualisation de la prescription.
Mots-clés : Rein, Néphrotoxicité, Insuffisance rénale aiguë, Épuration extrarénale
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