De quoi « imagerie de la femme » est-elle le nom ? - 16/06/26
What does “women's imaging” stand for?

Résumé |
Introduction |
L’expression « imagerie de la femme » est la seule dénomination radiologique non organofonctionnelle. Contrairement à l’imagerie thoracique, digestive ou génito-urinaire, elle désigne une spécialité par le genre de ses patients plutôt que par les organes ou fonctions explorés. Cet article propose une analyse critique de ce choix lexical, de son histoire, de ses manifestations visuelles et de ses effets discursifs.
Messages principaux |
Le mot « femme » hérite d’une longue tradition médicale réduisant la santé des femmes à leurs organes génitaux et mammaires, résumée par l’aphorisme hippocratique « tota mulier in utero ». L’analyse iconographique des supports visuels de la spécialité révèle une mobilisation systématique de stéréotypes de genre (couleur rose, silhouettes féminines nues, poses lascives) absente des supports comparables en imagerie génito-urinaire. Au sens de la théorie austinienne des actes de langage, l’expression « imagerie de la femme » accomplit un acte performatif qui réduit involontairement le mot « femme » à des zones anatomiques limitées, tant pour les pairs que pour les patientes.
Conclusion |
Renommer la spécialité « imagerie gynécologique et mammaire » ne remet en cause ni son existence, ni son contenu, ni l’engagement de ses praticiens. C’est un geste simple, cohérent avec la logique organofonctionnelle de toute la radiologie, et symboliquement puissant.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
The term “women's imaging” is the only non-organ-based subspecialty denomination in radiology. Unlike thoracic, digestive, or genitourinary imaging, it designates a specialty by the gender of its patients rather than by the organs or functions explored. This article offers a critical analysis of this lexical choice, its history, its visual manifestations, and its discursive effects.
Main messages |
The word “woman” carries the weight of a long medical tradition reducing women's health to their genital and mammary organs, encapsulated by the Hippocratic aphorism “tota mulier in utero.” Iconographic analysis of the specialty's visual materials reveals a systematic mobilization of gender stereotypes (pink color palettes, nude female silhouettes, lascivious poses) absent from comparable genitourinary imaging materials. In the framework of Austin's speech act theory, the expression “women's imaging” performs an illocutionary act that involuntarily reduces the word “woman” to limited anatomical zones, both for peers and patients.
Conclusion |
Renaming the specialty “gynecological and breast imaging” does not challenge its existence, content, or practitioners’ commitment. It is a simple gesture, consistent with the organ-based logic of all radiology subspecialties, and symbolically powerful.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Imagerie de la femme, Langage médical, Stéréotypes de genre, Performativité, Radiologie
Keywords : Women's imaging, Medical language, Gender stereotypes, Performativity, Radiology
Plan
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
