Étude anatomopathologique de la reponse therapeutique du carcinome sereux de l’ovaire apres chimiotherapie neoadjuvante : à propos de 35 cas - 08/07/26
Résumé |
Introduction |
Le carcinome séreux de l’ovaire (CSO) représente le type histologique le plus fréquent et le plus agressif des cancers épithéliaux ovariens. Pour les stades avancés, la chimiothérapie néoadjuvante (CTN) suivie d’une chirurgie d’intervalle est devenue le standard thérapeutique. Dans ce contexte, l’évaluation anatomopathologique de la réponse tumorale constitue un enjeu pronostique majeur pour la stratification.
Objectif |
Décrire les caractéristiques clinicopathologiques et évaluer la réponse histologique à la chimiothérapie néoadjuvante des CSO, en les confrontant aux données de la littérature.
Matériels et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 35 cas de CSO colligés dans notre laboratoire d’anatomie et cytologie pathologiques sur une période de 8 ans (2017–2025). La réponse à la CTN a été gradée selon le « Chemotherapy Response Score » de Böhm (CRS) (CRS1 : réponse absente ou minimale ; CRS2 : réponse intermédiaire CRS3 : réponse complète ou quasi complète).
Résultats |
L’âge moyen des patientes était de 53,4 ans (40–65 ans). La quasi-totalité de la série était représentée par des formes de haut grade ( n = 34 ; 97,1 %). L’atteinte ovarienne était bilatérale dans 65,7 % des cas avec une taille tumorale résiduelle moyenne de 32,6 mm. L’extension locale intéressait les paramètres (25,7 %), la séreuse utérine (20 %) et le col utérin (5,7 %). Des lésions de carcinome tubaire intra-épithélial (STIC) ont été identifiées dans 5,7 % des cas. L’extension à distance était marquée par une carcinose péritonéale (57,1 %), des métastases ganglionnaires (45,7 %) et un envahissement appendiculaire (8,6 %). L’évaluation de la réponse thérapeutique selon le score CRS a révélé une prédominance du score CRS2 ( n = 22 ; 62,9 %). Une réponse majeure (CRS3) n’a été observée que dans 8,6 % des cas ( n = 3), tandis que 28,5 % des patientes présentaient une réponse minime (CRS1).
Discussion |
Nos résultats concordent avec la littérature concernant la prédominance du haut grade et le stade avancé au moment du diagnostic des CSO. Cependant, le faible taux de CRS3 dans notre cohorte contraste avec les taux de 25–30 % rapportés dans les méta-analyses, suggérant une réponse histologique globalement limitée à la CTN. Le score CRS s’affirme comme un biomarqueur morphologique robuste : alors que le CRS3 est corrélé à une survie sans progression prolongée, les scores CRS1–2 identifient un groupe à haut risque de récidive précoce. Ces résultats soulignent l’intérêt potentiel d’une intensification thérapeutique ou de l’utilisation d’inhibiteurs de PARP et d’immunothérapies pour ces patientes.
Conclusion |
L’évaluation standardisée de la réponse par le CRS demeure un outil pronostique indispensable, offrant une lecture directe de la chimiorésistance. Son intégration systématique dans les comptes rendus anatomopathologiques est cruciale pour guider la prise en charge postopératoire et s’inscrit pleinement dans la démarche de médecine de précision en oncologie gynécologique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 46 - N° 4
P. 366 - juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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