Vitamine D plasmatique et dégénérescence maculaire liée à l'âge : l'étude longitudinale Aliénor - 16/07/26
, P. Larsen 1, 2, 3, M. Delyfer 1, 4, 5, J. Korobelnik 1, 4, C. Delcourt 1, 5Résumé |
Introduction |
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est l'une des principales causes de perte visuelle après 65 ans. Les stratégies pour prévenir son apparition et sa progression sont limitées. La nutrition, déterminant modifiable, est une piste de prévention prometteuse. La vitamine D pourrait influencer la pathogenèse de la DMLA grâce à ses effets anti-inflammatoires, antioxydants et anti-angiogéniques. L’objectif est d’étudier les associations entre les taux plasmatiques de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) et l’incidence de la DMLA et les changements de l'épaisseur des couches maculaires en population âgée.
Méthodes |
L’étude Aliénor est une cohorte en population générale, réalisée chez 963 résidents de Bordeaux Métropole âgés au moins 73 ans conduite entre 2006 et 2024. Les participants ont été suivi tous les deux ans par des examens médicaux et des questionnaires. Les taux plasmatiques de 25(OH)D ont été mesurés à l’inclusion à partir d’un échantillon de sang prélevé à jeun (Architect 25-OH Vitamin D Assay; Abbott Diagnostics). Les valeurs ont été désaisonnalisés puis catégorisées : suffisant (≥50 nmol/l), insuffisant (25-49 nmol/l) ou déficient (<25 nmol/l). La DMLA a été diagnostiquée à partir de photographies de la rétine et en SD-OCT (“Spectral Domain Optical Coherence Tomography”, Spectralis, Heidelberg Engineering) et classée selon la classification de Beckman. L’épaisseur des couches maculaires a été mesurée par segmentation automatisée à l'aide du logiciel “Heidelberg Eye Explorer 2” à partir de l’OCT. Les analyses portent sur 429 participants (700 yeux) pour la DMLA intermédiaire et 510 participants (909 yeux) pour les formes avancées ayant des données ophtalmologiques et de 25(OH)D. Des modèles à risques proportionnels de Cox ajustés ont été utilisés pour estimer les associations entre le statut plasmatique en 25(OH)D et l’incidence de DMLA. Des modèles linéaires mixtes ont évalué les associations entre le statut plasmatique en 25(OH)D et les changements d'épaisseur de la couche rétinienne.
Résultats |
Une carence en vitamine D était significativement associée à un risque augmenté de DMLA intermédiaire par rapport à des taux suffisants (RR=2,34 ; IC95 % : 1,19-4,61 ; p=0,01), tandis qu'une insuffisance présentait une association à la limite de la signification statistique (RR=1,74 ; IC95 % : 0,98-3,08 ; p=0,06). Aucune association significative n'a été observée avec la DMLA avancée. Les participants ayant une carence en 25(OH)D avaient une augmentation plus rapide de l’épaisseur du complexe épithélium pigmentaire rétinien- membrane de Bruch (RPE-BM) au cours du temps (β=0,07 μm/an ; IC95 % : 0,01-0,13 ; p=0,02). Les autres couches rétiniennes externes n'ont montré aucun changement significatif.
Conclusion |
: De faibles taux plasmatiques de 25(OH)D étaient associés à un risque plus élevé de développer une DMLA intermédiaire et un épaississement progressif du complexe RPE- BM, structure rétinienne clé impliquée dans la pathogenèse de la DMLA. En attendant, d’éventuels essais contrôlés randomisés évaluant si la supplémentation en vitamine D pourrait prévenir ou ralentir la progression de la DMLA, le maintien d'un statut adéquat en vitamine D chez les personnes âgées peut constituer une stratégie préventive raisonnable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Nutrition, Epidémiologie Ophtalmologie, Cohorte, Vitamine D, Dégénérescence maculaire
Vol 74 - N° S3
Article 203717- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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