Différences selon le sexe dans les caractéristiques sociales, liées à la santé et au mode de vie associées aux crises d'hyperphagie en population générale française - 16/07/26
, N. Godart 1, 2, A. Pastorello 3, C. Huas 1, 2, A. Rouquette 1, 4Résumé |
Introduction |
La survenue des crises d’hyperphagie est influencée par de multiples facteurs sociaux, démographiques et liés au mode de vie. Leur prévalence est significativement plus élevée chez les femmes que chez les hommes, bien que l’écart entre les sexes soit moins marqué que celui observé d’autres troubles des conduites alimentaires. Dans ce contexte, cette étude avait pour objectif d’analyser dans quelle mesure les associations entre les crises d’hyperphagie et les caractéristiques sociales, liées à la santé et au mode de vie diffèrent selon le sexe, afin d’identifier des vulnérabilités liées au sexe souvent invisibilisées dans les approches classiques de santé publique.
Méthodes |
Cette étude a porté sur 84 995 participants (52,1 % de femmes) âgés de 15 ans ou plus de la cohorte nationale française EpiCov constituée à partir d'un échantillon aléatoire de la population générale française. Nous avons évalué les crises d’hyperphagie (pas d’hyperphagie ; hyperphagie sans stratégie de contrôle de poids (HP-) ; hyperphagie avec stratégies de contrôle de poids (HP+)) à l'aide du module «troubles des conduites alimentaires» du “Patient Health Questionnaire” en 2021. Après avoir testé les interactions entre les expositions (caractéristiques sociales, liées à la santé et au mode de vie autodéclarées) et le sexe pour les crises d’hyperphagie, des régressions logistiques multinomiales pondérées stratifiées sur le sexe ont été effectuées afin d'étudier les associations entre les expositions et les crises d’hyperphagie selon le sexe.
Résultats |
La prévalence de HP- et de HP+ était plus élevée chez les femmes (respectivement 3,4 [3,2-3,7] % et 1,2 [1,1-1,3] %) que chez les hommes (respectivement 2,1 [1,9-2,3] % et 0,7 [0,6-0,8] %). Le sexe modifiait les associations observées entre HP- et un moins bon état de santé perçu (rapport de cotes ajusté [IC à 95 %] : hommes 2,43 [1,90-3,09], femmes 1,53 [1,29-1,80], interaction p = 0,008), et entre HP+ et l'obésité (vs un poids normal ; hommes 6,15 [3,92–9,64], femmes 2,15 [1,54–3,01], interaction p=0,002). L’association entre une activité physique fréquente et HP+ avais une tendance d’être plus importante chez les hommes que chez les femmes (4-7 jours vs 0 jour/semaine, hommes 3,51 [2,31-5,33], femmes 1,90 [1,42-2,55], interaction p=0,101). D’autres caractéristiques comme un âge plus jeune, l’exitance des idées suicidaires et l’usage intensif des écrans étaient associées aux crises d’hyperphagie dans les deux sexes sans interaction.
Conclusion |
Dans cette large étude basée sur un échantillon aléatoire national issu de la population générale française, la prévalence des crises d’hyperphagie était plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Cependant, les associations entre ces troubles et un moins bon état de santé perçu, ainsi qu’entre ces troubles et l’obésité, étaient plus importantes chez les hommes que chez les femmes. Les Résultats soulignent la nécessité de mettre en place des stratégies de prévention des crises d’hyperphagie incluant les hommes compte tenu de la sévérité des troubles malgré une moindre fréquence.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Caractéristiques sociales, Caractéristiques liées à la santé, Crises d'hyperphagie, Différences selon le sexe, Mode de vie
Vol 74 - N° S3
Article 203746- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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