Déterminant de la reconnaissance déclarée de la maltraitance infantile en Guinée : analyse secondaire des données Afrobarometer round 9 - 16/07/26
Résumé |
Introduction |
La maltraitance infantile constitue un problème majeur de santé publique en Guinée, où les normes sociales tolérant la violence physique comme un mode d’éducation ou de domination. Toutefois, peu d ’études ont exploré les déterminants de sa reconnaissance sociale. Ainsi cette étude a été menée pour identifier les déterminants associés à la reconnaissance de la maltraitance infantile, en lien avec les perceptions des violences de genre, les pratiques éducatives et les attitudes sociales.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude transversale réalisée à partir des données du round 9 de l’enquête Afrobarometer conduite en Guinée en 2022. L’échantillon inclut 1200 citoyens âgées de 18 ans et plus. Une régression logistique multi variée a été réalisée pour identifier les déterminants associés à la maltraitance infantile.
Résultats |
Les individus estimant que les maris battent «souvent leurs femmes étaient plus susceptibles de reconnaître la maltraitance infantile (IC 95 % : 1,32 -4,37 ; p=0,004). Les répondants affirmant que le harcèlement des filles dans les écoles arrive «souvent (OR=2,17 ; IC 95 % : 1,31-3,61 ; p=0,003) ou «toujours» (OR=7,76 ; IC 95 % : 3,56-17,7 ; p<0,001), reconnaissaient davantage la maltraitance faite aux enfants. Les répondants de Kankan (OR=0,40 ; IC 95 % : 0,21-0,76 ; p=0,005) et N’Zerekoré (OR=0,50 ; IC 95 % : 0,26-0,98 ; p=0,044) étaient moins susceptibles de reconnaître la maltraitance infantile comparés à la région de Conakry. Concernant la perception de la violence domestique, les personnes tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle il s’agit d’une affaire privée (OR=2,62 ; IC 95 % ; p<0,001) étaient moins susceptibles de reconnaître la maltraitance infantile que ceux considérant qu’elle relève d’une affaire pénale. Les répondants n’utilisant pas la discipline physique (OR=0,05 ; IC 95 % : 0,02-0,11 ; p<0,001) et ceux qui l’utilisent peu fréquemment (OR=0,09 ; IC 95 % : 0,06-0,15 ; p<0,001) avaient une susceptibilité réduite de reconnaître la maltraitance. Enfin, le rejet des stéréotypes de genre sur le leadership masculin était associé à une reconnaissance accrue de la maltraitance infantile (IC 95 % : 1,92-33,1 ; p=0,005).
Conclusion |
Les perceptions sur la maltraitance infantile, les normes de genre, les contextes régionaux et les pratiques éducatives influencent significativement la reconnaissance de la maltraitance infantile. Une action intégrée de la sensibilisation s’impose.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Maltraitance infantile, Reconnaissance déclarée, Déterminants, Afrobarometer, Guinée
Vol 74 - N° S3
Article 203740- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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