Trajectoires d'exposition résidentielle à long terme à la pollution de l'air et risque de cancer du sein : une approche par classes latentes. France - 16/07/26
, V. Philipps 2, D. Praud 3, 4, 6, 7, K. Leffondré 5, E. Faure 8, 9Résumé |
Introduction |
Bien que l’étiologie du cancer du sein soit multifactorielle, un ensemble croissant de données suggère que la pollution atmosphérique ambiante, en particulier les particules de diamètre aérodynamique inférieur ou égal à 2,5 et 10 µm (PM₂.₅, PM₁₀) et le dioxyde d’azote (NO₂), pourrait contribuer au risque. Les associations avec les PM demeurent hétérogènes, tandis que les liens avec l’exposition au NO₂ apparaissent plus cohérents, notamment en milieu urbain. Pourtant, la plupart de ces travaux reposent sur des métriques d’exposition annuelles ou moyennes susceptibles de masquer la variabilité temporelle et des profils d’exposition soutenue. Cette étude visait à identifier des trajectoires d’exposition résidentielle à long terme aux PM₂.₅, PM₁₀ et au NO₂ à l’aide de modèles mixtes à classes latentes (LCMM), et à évaluer leurs associations avec la côte de cancer du sein.
Méthodes |
Nous avons analysé les données de l’étude cas-témoins XENAIR, nichée dans la cohorte française E3N-Generations (98 995 femmes âgées de 40 à 65 ans à l’inclusion, 1990-1991). Les cas incidents de cancer du sein invasif diagnostiqués entre 1990 et 2011 ont été appariés individuellement à des témoins sélectionnés par échantillonnage en densité d’incidence. Les concentrations moyennes annuelles de PM₂.₅, PM₁₀ et de NO₂ (µg/m³) ont été estimées à chaque adresse résidentielle depuis l’entrée dans la cohorte jusqu’au diagnostic (ou à la date index) à l’aide d’un modèle LUR. Des trajectoires d’exposition spécifiques à chaque polluant ont été identifiées par des modèles mixtes à classes latentes (LCMM). Les associations entre l’appartenance aux classes d’exposition et le cancer du sein ont ensuite été estimées par régression logistique conditionnelle, en tenant compte des facteurs d’appariement et des variables de confusion identifiées à l’aide d’un DAG.
Résultats |
L’étude incluait 5056 cas et 5057 témoins appariés. Quatre trajectoires d’exposition distinctes ont été identifiées pour les PM₂.₅ et les PM₁₀, et trois pour le NO₂. Comparées à la trajectoire de plus faible exposition, les femmes appartenant à la trajectoire d’exposition la plus élevée de PM₂.₅, caractérisée par des concentrations durablement élevées au cours du suivi (Classe 4, 8,8 % ; médiane 37,0 µg/m³), présentaient une côte plus élevée de cancer du sein (OR=1,17 ; IC 95 % : 1,01–1,35). Aucune association statistiquement significative n’a été observée pour les trajectoires de PM₁₀ ou de NO₂. Les trajectoires d’exposition élevée pour l’ensemble des polluants étaient fortement concentrées dans les grandes aires métropolitaines, reflétant un gradient d’exposition urbain-rural marqué.
Conclusion |
Ces Résultats suggèrent qu’une exposition à long terme à des niveaux élevés de PM₂.₅, en particulier une exposition durablement élevée au fil du temps, pourrait contribuer à une augmentation de la côte de cancer du sein. Les trajectoires d’exposition étaient fortement déterminées par le contexte géographique, les profils d’exposition à long terme les plus élevés étant observés principalement en milieu urbain et métropolitain. Dans l’ensemble, Ces Résultats soulignent l’importance de prendre en compte des profils d’exposition à long terme, structurés spatialement, dans l’étude du risque de cancer du sein et renforcent le caractère préoccupant, en santé publique, d’une exposition urbaine persistante aux particules fines.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Cancer du sein, Exposition à long terme, Particules fines (PM₂.₅ et PM₁₀), Dioxyde d'azote (NO₂), Pollution environnementale
Vol 74 - N° S3
Article 203654- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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