Pollution atmosphérique et prématurité: identification des fenêtres critiques d'exposition - 16/07/26
, S. Cot 2, 3, M. Bérenger 1, S. Pujol 1, H. Gauthier-Manuel 2, F. Mauny 1, N. Bernard 2Résumé |
Introduction |
La pollution atmosphérique est associée à la prématurité, mais les périodes de vulnérabilité spécifiques au cours de la grossesse restent mal caractérisées. La plupart des études reposent sur des fenêtres d’exposition prédéfinies, limitant l’identification précise des périodes critiques. Cette étude vise à identifier les fenêtres temporelles critiques d’exposition aux polluants atmosphériques associées à la prématurité.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude observationnelle intégrée au programme PreCEE2, une infrastructure comprenant trois types de données: les données obstétricales individuelles issues de la pratique courante, les données administratives incluant l’adresse du domicile et les données individuelles d’exposition environnementale. L’étude inclut toutes les naissances survenues au CHU de Besançon entre le 1er avril 2010 et le 1er avril 2021. L’exposition quotidienne aux polluants atmosphériques (NO₂, PM10, PM2.5, O₃) a été estimée par modélisation spatio-temporelle pour toutes les femmes résidant en Franche-Comté. La période d’exposition étudiée couvrait les 12 semaines préconceptionnelles et l’ensemble de la grossesse, avec une agrégation hebdomadaire. Seules les grossesses singletons ont été incluses. Pour les femmes ayant vécues plusieurs grossesses dans la période d’étude, une seule grossesse a été tirée au sort. La prématurité était définie par une naissance vivante avant 37 semaines d’aménorrhée. Des modèles de Cox intégrant des “Distributed Lag Non-Linear Models” (DLNM), capables de modéliser simultanément la non-linéarité de la relation exposition-réponse et la distribution temporelle de l’effet ont été utilisés pour chaque polluant. Les modèles étaient ajustés sur la saison de conception. Les résultats sont exprimés en Hazard ratio pour une augmentation de 10 µg/m³ de polluant, par rapport à la médiane d’exposition sur la période de suivi des femmes incluses.
Résultats |
L’échantillon comprenait 14 335 grossesses, dont 9,76 % de naissances prématurées. L’âge maternel moyen était de 31 ans (ET. 5,38), et 48 % des femmes étaient nullipares. L’exposition médiane pendant le suivi des femmes était de 10,6 µg/m³ pour le NO₂, 70,1 µg/m³ pour l’O 3, 9,36 µg/m³ pour les PM2.5 et 12,2 µg/m³ pour les PM10. Des corrélations élevées étaient observées entre les polluants, notamment des corrélations négatives entre le NO 2 et l’O 3 ainsi que des corrélations positives entre les PM10 et les PM2.5. Pour le NO₂, des augmentations de l’exposition sur les semaines 16 et 17 ainsi qu’en fin de grossesse à partir de la semaine 29 étaient associées à une augmentation du risque de prématurité. Le hazard ratio maximal était de 1,010 (IC95 %: 1,010 -1,011). Pour l’O₃, une a ugmentation de l’exposition entre les semaines 4 et 17, ainsi qu’entre les semaines 25 à 34 était associée à une augmentation du risque de prématurité. Le hazard ratio maximal était de 1,008 (IC95 %: 1,006 -1,010). Pour les PM2.5 et pour les PM10, aucune augmentation du risque n’était observée en période post-conceptionnelle.
Conclusion |
Cette étude met en évidence des fenêtres critiques d’exposition aux polluants atmosphériques associées à la prématurité, même à des niveaux d’exposition moyens ou faibles tels que ceux présents en Franche-Comté.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Pollution atmosphérique, Grossess, Prématurité, Femmes enceintes
Vol 74 - N° S3
Article 203625- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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