Estimation des gaz à effet de serre générés par les médicaments en établissement de santé: comparaison de deux méthodes - 06/08/26
Estimation of greenhouse gas emissions from medicines in healthcare institutions: comparison of two methods
, Guillaume Escoffier 1, Jean-François Bussières 1, 2Cet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder
0000-0001-6623-4967
Highlights |
• | Il est possible de calculer les gaz à effet de serres selon une méthode monétaire et selon une méthode physique (analyse de cycle de vie) |
• | La méthode physique se colle davantage à la réalité tandis que la méthode monétaire est davantage susceptible de surestimer les émissions |
• | La méthode monétaire permet d’estimer les gaz à effet de serre globalement |
• | La méthode physique peut être envisagée lors de la prescription, la préparation et l’octroi de contrats publics |
Résumé |
Contexte : Les médicaments représentent une part importante des émissions de gaz à effet de serre (GES) des établissements de santé (jusqu’à environ 35,7 %). Les pharmaciens hospitaliers sont des acteurs clés pouvant influencer l’empreinte carbone des établissements de santé.
Objectif : Comparer deux approches méthodologiques d’estimation de l’empreinte carbone associée aux médicaments utilisés en établissement de santé et calculer, pour chacune d’elles, le ratio d’émissions de GES par unité monétaire (euro/CAD).
Matériel et méthodes : Étude descriptive prospective. Une méthode fondée sur les dépenses, dérivée de l’outil OpenIO-Canada, a été comparée à une méthode physique reposant sur l’analyse du cycle de vie des médicaments, telle que proposée par ECOVAMED. Un échantillon de convenance a été constitué à partir du formulaire thérapeutique du CHU Sainte-Justine pour l’exercice financier du 1er avril 2024 au 31 mars 2025. Les émissions de GES estimées selon chacune des deux méthodes ont été calculées et comparées. Un calcul complémentaire des émissions de GES par euro dépensé a également été réalisé.
Résultats : Au total, 487 médicaments parmi les 2 098 inscrits au formulaire thérapeutique du CHU Sainte-Justine ont pu être appariés aux données de la base ECOVAMED. Ces 487 médicaments représentaient 23 % des médicaments du formulaire, 34 % des doses administrées et 54 % des dépenses totales en médicaments. Les émissions de GES estimées selon la méthode physique correspondaient à 21 % de celles obtenues avec la méthode fondée sur les dépenses (1 286 116 contre 6 235 474 kg CO₂e). Selon les données d’ECOVAMED, les émissions moyennes ± écart-type de kg CO₂e par voie d’administration étaient de 666 593 ± 8 637 kg CO₂e pour les médicaments administrés par voie parentérale et de 17 833 ± 57 kg CO₂e pour ceux administrés par voie entérale, soit une différence de 37,3 fois.
Conclusion : Cette étude est la première à comparer directement une méthode monétaire et une méthode physique pour estimer les émissions de GES associées aux médicaments utilisés en pharmacie hospitalière. Au vu de la littérature, la méthode monétaire paraît valide et surtout rapide à utiliser afin d’estimer globalement les GES en pharmacie hospitalière. Toutefois, elle est susceptible de surestimer ou sous-estimer les GES. La méthode physique permet de calculer spécifiquement les GES associés aux médicaments et représente davantage un intérêt dans la sélection, la prescription et la préparation en établissement de santé. Elle peut guider les décideurs et les cliniciens. En outre, d’autres travaux sont nécessaires afin de comparer davantage ces deux méthodes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Background: Medications account for a substantial share of greenhouse gas (GHG) emissions in healthcare institutions (up to 30%). Hospital pharmacists are key stakeholders with the capacity to influence the carbon footprint of healthcare facilities.
Objective: To compare two methodological approaches for estimating the carbon footprint associated with medications used in healthcare institutions and to calculate the GHG-to-monetary-unit ratio (euro/CAD) for each method.
Materials and Methods: Prospective descriptive study. A monetary-based method derived from the OpenIO-Canada tool was compared with a physical method based on life cycle assessment of medications, as proposed by ECOVAMED. A convenience sample was drawn from the CHU Sainte-Justine formulary for the fiscal year from April 1, 2024, to March 31, 2025. GHG emissions estimated using each method were calculated and compared. An additional calculation of GHG emissions per euro spent was performed.
Results: A total of 487 medications out of the 2,098 listed in the CHU Sainte-Justine formulary were successfully matched with data from the ECOVAMED database. These 487 medications accounted for 23% of formulary items, 34% of doses administered, and 54% of total drug expenditures. GHG emissions estimated using the physical method represented 21% of those estimated using the monetary method (1,286,116 vs. 6,235,474 kg CO₂e). Regarding the mean ± standard deviation of kg CO₂e by route of administration based on ECOVAMED data, values were 666,593 ± 8,637 kg CO₂e for parenterally administered medications and 17,833 ± 57 kg CO₂e for enterally administered medications, corresponding to a 37.3-fold difference.
Conclusion: This study is the first to directly compare a monetary-based method and a physical-based method for estimating greenhouse gas (GHG) emissions associated with medications used in hospital pharmacy. Based on the available literature, the monetary-based method appears to be a valid and rapid approach for estimating the overall GHG emissions of hospital pharmacy activities. However, it may either overestimate or underestimate actual emissions. In contrast, the physical-based method enables medication-specific GHG estimates and is more relevant for informing decisions related to medication selection, prescribing, and preparation within healthcare institutions. It can also support both healthcare decision-makers and clinicians in implementing more sustainable practices. Further research is needed to better compare and validate these two approaches.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Développement durable, empreinte carbone, calculs, médicaments, pharmacie hospitalière
Keywords : Sustainable development, carbon footprint, calculations, medications, hospital pharmacy
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