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Chemsex et usage sexualisé des drogues : consentement, violence, et soumission chimique - 08/08/26

Chemsex and sexualized drug use: Consent, violence, and chemical submission

Doi : 10.1016/j.amp.2026.07.008 
Muriel Grégoire a, Hélène Peyrière b, Leila Chaouachi c, Anne Batisse c,
a Responsable CSAPA la villa Floréal, Aix-en-Provence, France 
b CEIP-Addictovigilance de Montpellier, Montpellier, France 
c CEIP-Addictovigilance de Paris et Centre de Référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS), Paris, France 

Auteur correspondant. CEIP-Addictovigilance de Paris et Centre de Référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS), Paris, France. CEIP-Addictovigilance de Paris et Centre de Référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS) Paris France
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Saturday 08 August 2026

Résumé

Depuis quelques années, le terme Usage Sexualisé des Drogues (USD) est de plus en plus retrouvé dans la littérature scientifique. Il s’agit d’un terme parapluie qui désigne la consommation de drogues dans le but d’améliorer ou de faciliter les relations sexuelles. Il concerne toute identité de genre ou orientation sexuelle, mais celle-ci est disproportionnellement répandue parmi les minorités sexuelles et de genre. En effet, une catégorie d’USD, plus connue sous le terme « chemsex », est pratiquée au sein de la communauté HSH et revêt une importance croissante en matière de santé. La pratique du chemsex et l’USD de par leur définition, « usage de substances psychoactives spécifiquement à visée sexuelle », peuvent produire dans certain cas, un contexte à risque d’agression. Les USD sont de fait entre deux ou plusieurs personnes consentantes. Cependant la notion de consentement sous substance, pour celui qui le reçoit ou celui qui le donne, reste un sujet qui pose question et représente un enjeu majeur d’éducation et de Santé Publique. Les agressions facilitées par les substances (AFS) se déclinent en deux modes opératoires que sont la soumission chimique (prise d’une substance à l’insu ou sous la menace à des fins criminelles ou délictuelles) et la vulnérabilité chimique (état de fragilité induit par la consommation volontaire de substance rendant une personne plus vulnérable à une agression). L’objectif de cet article est de définir les types de violence et leurs risques en lien avec les usages sexualisés des drogues à la fois au sens large et plus particulièrement dans le cadre du chemsex à travers les données d’addictovigilance tout en apportant un regard clinique. Les résultats montrent que les agressions facilitées par les substances existent aussi bien dans la pratique du chemsex que dans l’usage sexualisé des drogues : vol, viol, agression physique, injection de force (pratique de slam non désiré), exploitation sexuelle sont autant d’agressions retrouvées. L’importance de porter le sujet du consentement sous substances en première ligne et d’interroger les AFS est aujourd’hui pertinent. Il convient d’évaluer la santé sexuelle en addictologie et d’interroger les dysfonctions sexuelles et les AFS chez les personnes ayant des troubles de l’usage ou des difficultés avec la pratique du chemsex. Malgré leur plus grande probabilité de victimisation, la violence subie par les personnes LGBTQI+ reste sous-étudiée. Pour les femmes, la question de la sexualité et de la santé sexuelle est très peu abordée en addictologie ou en psychiatrie, laissant beaucoup de situations de non-consentement, de violence sans réponse car peu interrogée. Il est nécessaire de continuer de rapprocher les acteurs de réduction des risques des drogues et les acteurs de la santé sexuelle quels que soient le genre et l’orientation sexuelle. Enfin il semble que les consultations de sexologie soient mises en lumière, notamment avec un objectif donné (consultation tout genre et toute sexualité) afin de sortir du tabou de l’usage de substance dans la sexualité et ce pour tous.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

In recent years, the term “sexualized drug use” (SDU) has become increasingly common in scientific literature. It is an umbrella term that refers to the use of drugs for the purpose of enhancing or facilitating sexual relations. It applies to all gender identities and sexual orientations, but is disproportionately prevalent among sexual and gender minorities. In fact, a category of SDU better known as “chemsex” is practiced within the MSM community and is becoming increasingly important in terms of health. Substance-facilitated crimes (SFC) can be divided into two types: chemical submission (taking a substance without consent or under coercion for criminal or illegal purposes) and chemical vulnerability (a state of fragility induced by the voluntary consumption of a substance that makes a person more vulnerable to assault). The practice of chemsex and USD, by definition, “the use of psychoactive substances specifically for sexual purposes,” creates a context of risk of assault. USD is in fact between two or more consenting individuals. However, the notion of consent under the influence of substances, for the recipient or the giver, remains a subject of debate. The aim of this article is to define the types of violence and their risks in relation to the sexualized use of drugs, particularly in the context of chemsex, using addictovigilance data and providing a clinical perspective. The results show that substance-facilitated crimes exist both in chemsex and in the sexualized use of drugs: theft, rape, physical assault, forced injection, and sexual exploitation are all types of crimes that have been reported. It is now important to prioritise the issue of consent under the influence of substances and to assess addiction as a trigger for USD or as a consequence of USD. Sexual health should be assessed in addiction treatment and sexual dysfunction and substance-facilitated crimes should be investigated in pharmacodependent patients. Despite their higher risk of victimisation, violence experienced by LGBTQI+ individuals remains largely understudied. For women, the issue of sexuality and sexual health is rarely explored in addiction treatment or psychiatry, leaving many situations of non-consent and violence without response because they are rarely questioned. It is necessary to continue to build closer ties between drugs harm reduction and sexual health, regardless of gender and sexual orientation. Finally, it seems that sexology consultations are being highlighted, particularly with a specific objective (consultations for all genders and sexualities) in order to break the taboo surrounding substance use in the context of sexuality for everyone.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Chemsex, Violence, Soumission chimique, Usage sexualisé des drogues, violence

Keywords : Chemsex, Violence, Chemical submission, Sexualized drug use


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