Fasciites nécrosantes pré-septales à streptocoque A : série de 10 cas et recommandations de prise en charge - 13/08/26
Streptococcus-A Preseptal Necrotizing Fasciitis: A Series of 10 Cases and Management Recommendations

Résumé |
Introduction : Nous avons été confrontés à une augmentation marquée des cas de fasciites nécrosantes pré-septales sur une année. Alors qu’un seul cas avait été recensé entre 2016 et 2021, neuf nouveaux cas ont été pris en charge entre 2022 et 2023 au CHU de Rennes
Matériels et méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective incluant l’ensemble des cas de fasciites nécrosantes pré-septales pris en charge dans notre établissement entre 2016 et 2024. Les données cliniques, microbiologiques, chirurgicales et évolutives ont été analysées. Une revue de la littérature a complété ce travail afin de proposer une stratégie de prise en charge adaptée à ces infections.
Résultats : Depuis 2016, dix cas ont été identifiés. Tous impliquaient des souches virulentes de Streptococcus pyogenes (streptocoque du groupe A) avec les génotypes emm1, emm1.3 et emm82. Les patients étaient âgés de 41 ans en moyenne et n’avaient pas ou peu de facteurs de risque. L’augmentation majeure d’incidence observée en 2023 semble corrélée à la recrudescence post-pandémique des infections invasives à streptocoque. 50 % des patients initialement incisé-méché ont bénéficié d’une reprise chirurgicale dans les 24 heures en raison d’une aggravation clinique. Après débridement dermique, une rétraction palpébrale de la paupière supérieure menaçant l’intégrité cornéenne, a été observée à la fin de la deuxième semaine dans tous les cas nécessitant une prise en charge par une greffe de peau totale
Discussion : L’évolution récente de l’épidémiologie impose de considérer toute fasciite nécrosante pré-septale comme une potentielle infection invasive à streptocoque du groupe A. Cela justifie une modification des pratiques : antibiothérapie probabiliste incluant la clindamycine — isolement contact du patient — enquête et antibioprophylaxie autour du cas. La méthode de débridement conservateur décrite dans l’article permet un contrôle de l’infection dans 100% des cas tout en limitant le caractère délabrant de la chirurgie. La cicatrisation dirigée peut être envisagée dans les rares cas ou le derme a été épargné. Une reconstruction par greffe de peau totale + blépharorraphie temporaire à J15 post débridement semble donner les meilleurs résultats fonctionnels et esthétiques tout en limitant les complications cornéennes.
Conclusion : Cette série met en évidence l’évolution récente de l’épidémiologie des cellulites nécrosantes pré-septales, conduisant à considérer tout nouveau cas comme une potentielle infection invasive à streptocoque du groupe A, transmissible et constituant un véritable enjeu de santé publique. Cette situation impose une adaptation des pratiques
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Introduction: We observed a marked increase in cases of preseptal necrotizing fasciitis over the course of a single year. While only one case had been recorded between 2016 and 2021, nine additional cases were managed between 2022 and 2023 at Rennes University Hospital.
Materials and Methods: We conducted a retrospective study including all cases of preseptal necrotizing fasciitis managed at our institution between 2016 and 2024. Clinical, microbiological, surgical, and outcomes data were analyzed. A review of the literature was also performed to propose an appropriate management strategy for these infections.
Results: Since 2016, ten cases were identified. All were caused by virulent strains of Streptococcus pyogenes (Group A Streptococcus), with genotypes emm1, emm1.3, and emm82. The mean patient age was 41 years, and most patients had few or no risk factors. The marked increase in incidence observed in 2023 appears to correlate with the post-pandemic resurgence of invasive streptococcal infections. Fifty percent of patients initially treated with incision and drainage with packing required repeat surgery within 24 hours due to clinical deterioration. Following dermal debridement, upper eyelid retraction threatening corneal integrity was observed by the end of the second week in all cases, necessitating management with full-thickness skin grafting.
Discussion: Recent epidemiological changes suggest that any case of preseptal necrotizing fasciitis should be considered a potential invasive Group A Streptococcus infection. This warrants modifications in clinical practice, including empirical antibiotic therapy with clindamycin, patient contact isolation, case investigation, and antibiotic prophylaxis for close contacts. The conservative debridement technique described in this article achieved infection control in 100% of cases while limiting surgical morbidity. Healing by secondary intention may be considered in rare cases where the dermis is preserved. Reconstruction with full-thickness skin grafting combined with temporary tarsorrhaphy on postoperative day 15 appears to provide the best functional and aesthetic outcomes while minimizing corneal complications.
Conclusion: This series highlights a recent shift in the epidemiology of preseptal necrotizing fasciitis, supporting the consideration of any new case as a potentially invasive and transmissible Group A Streptococcus infection with significant public health implications. This situation calls for adaptation of clinical practices.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : chirurgie oculoplastique, cellulite, fasciite nécrosante, streptocoque, Streptococcus pyogenes, greffe cutanée
Keywords : oculoplastic surgery, cellulitis, necrotizing fasciitis, streptococcus, Streptococcus pyogenes, skin grafting
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