Contention et troubles neurocognitifs – Transgression de l’éthique ou transgression éthique ? - 22/08/26
Restraint in neurocognitive disorders, transgression of ethics or ethical transgression?
, C. Hazif-ThomasRésumé |
Le soin porté aux personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs (TNC), par l’impuissance à laquelle il renvoie le pouvoir médical, suppose des défis qui ne sont pas sans rappeler ceux auxquels ont été confrontés les psychiatres avant l’avènement des neuroleptiques. Les TNC, au premier rang desquels se situe la maladie d’Alzheimer (MA), sont constitués d’un ensemble de maladies caractérisées par une dégradation acquise, significative et durable des fonctions mentales. Les symptômes psychocomportementaux de la démence (SPCD) sont source de difficultés pour les aidants et les soignants, de défi diagnostique et de risques thérapeutiques. Face à ces SPCD et aux dangers auxquels ils peuvent exposer, la contention physique est parfois employée. Les études s’intéressant au vécu des soignants à l’origine de mesures de contention identifient une hétérogénéité des perceptions de leurs indications, et des ressentis contrastés au moment de les mettre en œuvre. Certains soignants ont ainsi rapporté un sentiment de culpabilité, malgré la conviction de l’existence d’un impératif de sécurité du patient et de son entourage. L’ensemble des chartes et recommandations indique en creux que la recherche du bien d’autrui peut passer par le fait de restreindre sa liberté lorsqu’elle renvoie à une autonomie de la volonté défaillante. Mais si la préservation de la sécurité de la personne et de son entourage est bien une motivation fondamentale dans une telle pratique défensive, il est permis de se questionner sur la part de transgression éthique que la contention de la personne âgée peut comporter. Ce questionnement n’est encore que peu retrouvé dans les décisions du psychiatre et la conduite des soins des équipes psychiatriques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
The care of people with major neurocognitive disorders (MNDs) involves challenges similar to those faced by psychiatrists before the introduction of neuroleptics. This is particularly true when psychiatric practice reaches its limits and regulatory procedures fail. MNDs, of which Alzheimer's disease (AD) is the most common, consist of a set of diseases characterised by significant and lasting deterioration of mental function. Psycho-behavioural symptoms of dementia (PDD) present difficulties for caregivers and pose diagnostic and therapeutic challenges. Due to the agitation and violence this can cause, physical restraint is sometimes used. Studies focusing on the experience of caregivers who initiate restraint measures identify heterogeneity in perceptions of their indications and contrasting feelings when implementing them. Some caregivers have reported feelings of guilt despite being convinced of the necessity for the patient's and their safety. Some caregivers have reported feelings of guilt despite being convinced of the necessity for the patient's and their loved ones’ safety. All charters and recommendations implicitly indicate that the principle of beneficence is invoked to justify restricting freedom in cases of defective autonomy of will. However, while the preservation of the security of the individual and their loved ones is indeed a fundamental motivation in such defensive practices, it is permissible to question the ethical transgressions that restraining elderly individuals can entail. This issue is still only partially considered in the ethical reflection underlying the decisions of psychiatrists and the conduct of care by psychiatric teams.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Maladie d’Alzheimer, Décision du psychiatre, Gériatrie, Contention, Éthique
Keywords : Alzheimer's disease, Psychiatric decision, Geriatrics, Restraint measure, Ethics
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Vol 23 - N° 3
P. 170-180 - septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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