Ochronose exogène : une cause méconnue d’hyperpigmentation faciale acquise - 27/08/26
Exogenous ochronosis: An underdiagnosed cause of acquired facial hyperpigmentation
Résumé |
L’ochronose exogène est une dyschromie acquise, le plus souvent iatrogène ou cosmétique, secondaire à l’application prolongée de topiques dépigmentants contenant de l’hydroquinone. Rare en France métropolitaine, elle reste observée du fait de la persistance des pratiques de dépigmentation volontaire. Nous rapportons l’observation d’une patiente de 57 ans, de phototype V, originaire d’Afrique centrale, présentant depuis plusieurs années une hyperpigmentation péri-orbitaire, temporale et labiale supérieure. La première lecture de la biopsie cutanée a conclu à une réaction histiocytaire non spécifique vis-à-vis d’un matériel exogène. La relecture spécialisée a mis en évidence, dans le tissu conjonctif dermique, de nombreux corps ochronotiques jaune-brun, arrondis, en croissant ou en banane, non biréfringents, disposés entre les faisceaux de collagène, sans prolifération mélanocytaire atypique, permettant le diagnostic d’ochronose exogène. La reprise de l’interrogatoire a retrouvé l’usage prolongé de crèmes éclaircissantes de composition inconnue. Cette observation illustre le risque de méconnaissance de cette entité en l’absence d’orientation anamnestique, et l’intérêt de la corrélation anatomoclinique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Exogenous ochronosis is an acquired dyschromia, most often iatrogenic or cosmetic, resulting from the prolonged use of hydroquinone-containing skin-lightening topicals. Although rare in metropolitan France, it is still observed owing to the persistence of voluntary skin-lightening practices. We report the case of a 57-year-old woman of Central African origin, Fitzpatrick skin type V, with a several-year history of periorbital, temporal and upper-lip hyperpigmentation. The initial reading of the skin biopsy was interpreted as a non-specific histiocytic reaction to exogenous material. Expert review disclosed numerous yellow-brown, round, sickle- or banana-shaped ochronotic bodies deposited in the dermal connective tissue between collagen bundles, without birefringence and with no atypical melanocytic proliferation, establishing the diagnosis of exogenous ochronosis. A repeat history revealed the prolonged use of skin-lightening creams of unknown composition. This case highlights how the diagnosis may be overlooked when the relevant history is not available, and the value of clinicopathological correlation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Ochronose exogène, Hydroquinone, Hyperpigmentation, Dépigmentation volontaire, Dermatopathologie
Keywords : Exogenous ochronosis, Hydroquinone, Hyperpigmentation, Skin lightening, Dermatopathology
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