Bien plus qu’un animal : clinique du deuil de l’animal de compagnie, liens continués et expériences exceptionnelles zoonécrophaniques - 28/08/26
Much more than an animal: A clinical perspective on pet grief, continuing bonds, and exceptional zoonecrophanic experiences
: psychologue, doctorant en psychologie, Renaud Évrard, HDR en psychologie a
: psychologue, maître de conférences, Magali Molinié b
: psychologue, maître de conférences en psychologie, Marianne Dollander a
: psychologue, maître de conférences en psychologieRésumé |
Objectif |
Vivre aux côtés d’un animal de compagnie est un fait largement partagé. L’attachement à l’animal peut être intense au point de le considérer comme un membre de sa propre famille. Bien que peu connus des cliniciens, de plus en plus de travaux sur le deuil des animaux de compagnie sont produits à l’international. C’est également le cas des études portant sur les vécus de contact avec des animaux défunts qui peuvent être compris selon une perspective des liens continués et dans le contexte d’un deuil privé de ses droits.
Méthode |
Cet article s’appuie sur des observations cliniques issues d’un appel à témoignages diffusé en ligne et sur une revue narrative de la littérature sur le deuil animal et ses marges.
Résultats |
L’originalité de cette clinique nous a conduits à forger une terminologie plus spécifique : nous parlons de zoonécrophanies pour différentes manifestations de contact avec des animaux défunts, avec une phénoménologie et des répercussions similaires aux nécrophanies. Ces vécus se manifestent selon différentes modalités sensorielles et peuvent apparaître en lien direct ou sans lien avec le décès d’un animal. Ce dernier peut tout aussi bien être connu ou inconnu du témoin.
Discussion |
Les définitions que nous donnons des expériences exceptionnelles nécrophaniques et zoonécrophaniques sont l’occasion pour nous de revenir sur la figure imaginaire fondamentale du « fantôme ». Notre clinique nous montre combien le discours du sujet à propos de ces vécus comporte à la fois des éléments manifestes et latents qu’il convient de mettre au travail. Enfin, cet article ouvre sur l’existence de zoonécrophanies induites au sein de pratiques visant à entretenir des liens avec les animaux défunts.
Conclusion |
Les liens que nous entretenons avec nos animaux de compagnie sont susceptibles de se poursuivre au-delà de la mort par des processus psychologiques complexes, à la fois internes et externes à l’individu. Nous considérons que la survenue de zoonécrophanies est fréquente au sein de la population générale, avec ou sans contexte de deuil récent, et que leur phénoménologie se veut tout à fait similaire à celle des nécrophanies. Nous invitons les cliniciens à s’emparer de cette problématique du deuil de l’animal de compagnie – trop souvent révoqué par un refoulement culturel – à la fois au niveau de la recherche et de la formation académiques qu’auprès des personnes accompagnées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objective |
Living with a pet is a common experience. Attachment to pets can be intense, to the point of considering the animal as a member of the family. Few clinicians are aware of the growing body of work on pet bereavement that is being produced internationally. Studies are also being conducted on people's experiences of being in contact with their deceased pets, which can be understood from the perspective of their lasting bonds with their animals and disenfranchised grief.
Methods |
This article is based on clinical observations of responses to an online call for testimonials and a narrative review of main and marginal literature on animal bereavement.
Results |
The originality of this clinical study led us to coin more specific terminology: we define zoonecrophany as different experiences of being in contact with deceased animals, whose phenomenology and repercussions are similar to those of necrophany. These experiences manifest themselves via a variety of sensory modalities and may be directly related or unrelated to the pet's death. The latter may be known or unknown to the person going through the experience.
Discussion |
Our definitions of exceptional necrophanic and zoonecrophanic experiences provide an opportunity to revisit the fundamental imaginary figure of the “ghost”. Our clinical experience shows us that the subject's discourse about these experiences includes both manifest and latent content that needs to be explored. Finally, this article openly discusses the occurrence of zoonecrophany during practices aimed at maintaining bonds with deceased pets.
Conclusion |
The bonds that people form with their pets are likely to endure beyond death thanks to complex psychological processes that are both internal and external to the individual. We consider that zoonecrophany is likely common within the general population, whether or not pet grief is recent, and we view its phenomenology as being very similar to necrophany. We invite clinicians to address the issue of pet bereavement, which is too often dismissed during academic research, training, and individual work with patients due to cultural repression.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Deuil, Liens continués, Nécrophanie, Zoonécrophanie, Animal de compagnie, Expériences exceptionnelles, Fantôme
Keywords : Grief, Continuing bonds, Necrophany, Zoonecrophany, Pet, Exceptional experiences, Ghost
Plan
Vol 91 - N° 3
P. 415-432 - septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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