Variétés de la croyance : religion, science, inconscient - 28/08/26
Varieties of belief: Religion, science, unconscious
: Enseignante-chercheuseRésumé |
Objectif |
Cet article s’intéresse au phénomène de la croyance religieuse. Il veut éclairer l’épistémologie de la croyance du XX e siècle à aujourd’hui. De la croyance religieuse à la croyance en la science dans l’époque actuelle notamment par l’évolution des imageries, la croyance peut aussi concerner un sujet dans son utilité psychique.
Méthode |
Après avoir relevé différentes expériences neurocognitives de la croyance et en retenir quelques indications, nous reprenons l’hypothèse de la fonction de la croyance religieuse dans l’économie psychique. Un lien entre la fragilité du symbolique dans la psychose, le repérage de la position mélancolique et la nécessité psychique d’une croyance à valeur de conviction, donc délirante, est éclairé ; la lecture de la correspondance de Jacques Fesch tente de préciser l’hypothèse dépliée.
Résultats |
L’imagerie permet de repérer l’activation de certaines zones cérébrales lors de moment de prières ; elle permet de diagnostiquer la psychose post-ictale. L’imagerie et le repérage de certaines activations cérébrales ne peuvent éclairer la fonction de la croyance pour un sujet. Nous avançons que la croyance religieuse du côté de la conviction constitue un appui psychique suffisamment solide pour Jacques Fesch qui est appelé à répondre à un moment de son existence. La croyance religieuse comme boussole est une façon singulière pour certains sujets d’orienter leur existence là où des repères ne sont pas solidement subjectivés.
Discussion |
Si la croyance permet de supporter l’existence, le sujet peut néanmoins ressentir la fragilité de sa position par une angoisse massive. Pour y parer, Jacques Fesch trouve à consolider son délire dans une position mégalomaniaque, sacrificielle, où Dieu l’accueillera comme un élu.
Conclusion |
Le sujet religieux se confie à Dieu, tandis que le sujet de la science croit aux lois du cerveau. Dans ces deux cas, le sujet ne se fait pas responsable de sa cause, ce qui est parfois nécessaire, comme le démontre la logique délirante de Jacques Fesch. Dans la pratique, la croyance peut donc être accueillie comme une solution, une conviction pour un sujet égaré qui témoigne d’un malaise subjectif ou comme une construction qui témoigne d’un ne pas vouloir savoir ce qui cause inconsciemment la souffrance. Le praticien orientera son acte en fonction de la position subjective du sujet.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objective |
This article focuses on the phenomenon of religious belief. It aims to shed light on the epistemology of belief from the 20th century to today. From religious belief to belief in science in the current era, particularly through the evolution of imagery, belief can also concern a subject in its psychic utility.
Method |
After having noted different neurocognitive experiences of belief and retaining some indications, we take up the hypothesis of the function of religious belief in the psychic economy. A link between the fragility of the symbolic in psychosis, the identification of the melancholic position, and the psychic necessity of a belief with the value of conviction, therefore delusional, is illuminated; the reading of the correspondence of Jacques Fesch attempts to clarify this hypothesis.
Results |
Imaging makes it possible to identify the activation of certain brain areas during moments of prayer; it makes it possible to diagnose post-ictal psychosis. However, imaging and the identification of certain brain activations cannot shed light on the function of belief for a subject. We suggest that religious belief experienced as a conviction constitutes a sufficiently solid psychological support for Jacques Fesch who is called upon to respond at a moment in his existence. Religious belief as a compass is a singular way for certain subjects to orient their existence where landmarks are not solidly subjectivized.
Discussion |
If belief allows one to bear existence, the subject can nevertheless feel the fragility of his position through massive anxiety. To counter this, Jacques Fesch finds a way to consolidate his delusion in a megalomaniacal, sacrificial position, where God will welcome him as a chosen one.
Conclusion |
The religious subject trusts in God, while the subject of science believes in the laws of the brain. In both cases, the subject does not take responsibility for his cause, which is sometimes necessary, as demonstrated by the delusional logic of Jacques Fesch. In practice, belief can therefore be welcomed as a solution, a conviction for an unmoored person suffering from a subjective malaise or as a construction that reveals the subject's desire to not know what unconsciously causes suffering. The practitioner will direct their therapeutic action according to the subjective position of the subject.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Conviction, Croyance, Fesch Jacques, Neuroscience, Neurothéologie, Religion
Keywords : Belief, Conviction, Fesch Jacques, Neuroscience, Neurotheology, Religion
Plan
Vol 91 - N° 3
P. 481-490 - septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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