Traitement prophylactique du canal artériel par l’acétaminophène (paracétamol) : essai international, multicentrique, randomisé en double aveugle versus placebo, chez le très grand prématuré - 11/09/26
Résumé |
Introduction |
Des controverses persistent quant à la prise en charge du canal artériel par ibuprofène/indocid chez les très grands prématurés. L’acétaminophène pourrait être une alternative. L’objectif est d’évaluer si le traitement prophylactique d’acétaminophène par voie IV commencé dans les 12 heures suivant la naissance augmente la survie sans morbidité néonatale grave à 36 semaines d’âge post-menstruel.
Matériel et méthodes |
D’octobre 2020 à avril 2024, nous avons mené un essai international, stratifié, en double aveugle, randomisé, de supériorité, contrôlé par placebo dans 43 unités de soins intensifs néonataux de 14 pays européens. Les participants étaient des prématurés nés entre 23 SA + 0 j et 28 SA + 6. L’intervention consistait en l’administration de placebo ou d’acétaminophène : dose de charge, dans les 12 premières heures après la naissance, de 20 mg/kg suivie de 7,5 mg/kg toutes les 6 heures pendant 5 jours pour les 27–28 SA ou de 25 mg/kg suivie de 10 mg/kg pour les 23–26 SA. Le critère de jugement principal était la survie sans morbidité néonatale (dysplasie bronchopulmonaire sévère, c’est-à-dire de grade 3 selon le consensus 2018 du NIH, entérocolite nécrosante de stade II–III de Bell, hémorragie intraventriculaire de grade III–IV ou LPV kystique). Le critère d’évaluation secondaire était la fermeture du canal artériel évaluée par échocardiographie au 7 e jour.
Résultats |
391 et 387 sujets ont été inclus dans les groupes acétaminophène (A) et placebo (P) après accord des 2 parents. L’âge gestationnel médian était de 26 SA (interquartile 25–27) dans les 2 groupes. La survie sans morbidité grave a été observée chez 259 (66,2 %) et 246 (63,6 %) sujets respectivement dans les groupes A et P (différence de risque absolue de 2,7 % ; IC à 95 %, −4,0 à 9,3). Le canal artériel était considéré comme fermé au septième jour chez 264/371 (71,2 %) et 191/366 (52,2 %) dans les groupes A et P respectivement (différence de risque absolue, 19,0 % ; IC à 95 %, 12,0 à 25,7). Les effets indésirables n’étaient pas différents, à l’exception d’un taux de cholestase significativement plus élevé dans le groupe acétaminophène.
Conclusion |
Le traitement prophylactique précoce par l’acétaminophène n’a pas augmenté la survie sans morbidité malgré une fermeture plus fréquente du canal artériel.
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Vol 9 - N° 3
P. 219-220 - septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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