Prescription du traitement hormonal de la ménopause par les internes de médecine générale: connaissances et formation - 16/09/26
Prescribing menopausal hormone therapy by general practice residents: knowledge and training

Résumé |
Objectif - Le traitement hormonal de la ménopause (THM) constitue le traitement de première intention des bouffées vasomotrices ainsi qu’en prévention de la perte osseuse chez la femme récemment ménopausée à risque fracturaire, selon les recommandations actuelles CNGOF/GEMVi. Malgré cela, sa prescription demeure limitée en France. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer la fréquence de prescription du THM chez des internes de médecine générale (IMG) et d’identifier les facteurs associés à cette prescription.
Matériel et méthodes - Étude observationnelle transversale descriptive et analytique menée d’avril à novembre 2023 auprès de deux promotions d’IMG (2019–2022 et 2020–2023) de la faculté de médecine de Nantes (n=215). Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire anonyme en ligne (26 items) évaluant la formation gynécologique, les connaissances sur le THM, les pratiques déclarées de prescription et les besoins en formation. Les analyses statistiques étaient descriptives avec comparaisons par tests non paramétriques (χ², Mann-Whitney, p<0,05).
Résultats- Soixante-deux IMG ont répondu (taux de réponse : 29 %), dont 79 % de femmes. Quatre-vingt-quatre pourcent envisageait une activité gynécologique future. Seuls 19,4 % des IMG prescrivait le THM en première intention quand indiqué et sans contre-indication. Le score moyen de connaissances sur le THM était de 67 %, avec des lacunes principalement sur les indications (45%), les contre-indications (38%) et le bilan initial (47%). Les principaux freins à la prescription étaient le sentiment de manque de maîtrise du sujet (78 %) et une perception défavorable de la balance bénéfice-risque (13%). La prescription du THM était significativement plus fréquente chez les IMG ayant réalisé un stage en gynécologie (40 % vs 5 %, p = 0,001), bénéficié d’une formation théorique spécifique (32 % vs 12 %, p = 0,06) ou encadrés par des praticiens favorables au THM (46 % vs 12 %, p = 0,006). Quatre-vingt-dix-huit pour cent des IMG exprimaient un besoin de formation accrue.
Conclusion - La prescription du THM par les internes de médecine générale apparaît limitée, principalement en lien avec un déficit de formation et l’influence des pratiques des encadrants. Le renforcement de l’enseignement gynécologique initial et de la collaboration entre médecins généralistes et gynécologues semble indispensable pour améliorer la prise en charge de la ménopause en soins primaires.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objective - Menopausal hormone therapy (MHT) is currently the first-line treatment for vasomotor symptoms and for the prevention of bone loss in recently menopausal women at risk of fracture, according to current CNGOF/GEMVi recommendations. Despite this, its use remains limited in France. The primary objective of this study is to assess the frequency of MHT prescription among medical residents in general practice and to identify the factors associated with this prescription.
Materials and methods- Cross-sectional descriptive and analytical study conducted from April to November 2023 among two GPR cohorts (2019–2022 and 2020–2023) at Nantes Faculty of Medicine (n=215). Data were collected using an anonymous online questionnaire (26 items) assessing gynecological training, MHT knowledge, self-reported prescription practices, and training needs. Statistical analyses were descriptive with between-group comparisons using non-parametric tests (χ², Mann-Whitney, p<0.05).
Results- Sixty-two GPRs responded (29% response rate), 79% female. Eighty-four percent anticipated future gynecological activity in practice. Only 19.4% prescribed MHT first-line when indicated and without contraindications. Mean MHT knowledge score was 67%, with major gaps in indications (45%), contraindications (38%), and initial assessment (47%). Main prescription barriers were perceived lack of mastery (78%) and unfavorable benefit-risk perception (13%). MHT prescription was significantly more frequent among GPRs with gynecology rotations (40% vs 5%, p=0.001), specific theoretical training (32% vs 12%, p=0.06), or mentors favoring MHT (46% vs 12%, p=0.006). Ninety-eight percent reported insufficient menopause training.
Conclusion- Limited MHT prescription propensity among GPRs, primarily linked to training deficits and mentor influence. Strengthening initial gynecological education and general practitioner-gynecologist collaboration appears essential to optimize menopause care in primary care.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Traitement hormonal de la ménopause, Internes de médecine générale, Pratiques de prescription, Formation gynécologique, Étude transversale
Keywords : Menopausal hormone therapy, General practice residents, Prescription practices, Gynecological training, Medical education, Cross-sectional study
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